Libreville, 13 novembre 2025 —Convergence Afrique.

Un fait inédit vient d’ébranler le secteur minier gabonais : la disparition mystérieuse du navire Jacob H, chargé de près de 48 000 tonnes de manganèse, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2025, au Port minéralier d’Owendo (OMP). Une opération d’une ampleur telle qu’elle semble sortie tout droit d’un film d’action, mais dont les conséquences sont bien réelles pour l’économie nationale.

Comilog se dissocie de l’affaire
Face à la gravité de l’événement, la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), principale entreprise du secteur et filiale du groupe français Eramet, a rapidement publié un communiqué officiel.
La société y affirme n’avoir aucun lien avec le minerai volé, précisant que celui-ci ne provient d’aucun de ses sites d’exploitation.

Cette mise au point vise à lever toute ambiguïté. En effet, Comilog, exploitant historique de la mine de Moanda et premier employeur privé du pays, domine largement la production nationale de manganèse. En écartant le géant minier, l’enquête se concentre désormais sur les chaînes logistiques portuaires et les autres opérateurs du secteur.

Un vol digne d’une opération militaire
La question qui hante désormais les esprits est simple : comment un navire de cette taille a-t-il pu quitter le port sans alerter les systèmes de sécurité ?
Le Jacob H, vraquier de grande capacité, ne pouvait passer inaperçu. Sa disparition laisse présager une opération soigneusement planifiée, possiblement menée avec des complicités internes.

Selon les premières informations relayées par le média Gabon D’Abord, les enquêteurs s’intéressent à un homme d’affaires chinois déjà connu pour ses activités controversées dans la région. Il aurait bénéficié de la complicité de fonctionnaires de la Marine marchande pour faciliter le chargement et le départ clandestin du navire.

Une faille systémique mise à nu
Si ces accusations se confirment, elles révéleraient une faille majeure dans la gestion et la sécurisation du port d’Owendo, pourtant infrastructure stratégique pour l’exportation des ressources gabonaises.
Outre la perte économique colossale liée à la cargaison disparue, cette affaire représente un coup dur pour l’image du Gabon sur la scène internationale, notamment auprès des partenaires commerciaux et investisseurs étrangers.

Un défi pour les autorités gabonaises
Le gouvernement a d’ores et déjà promis une enquête approfondie. L’objectif : déterminer à qui appartenait réellement le minerai, comment le Jacob H a pu être chargé, puis retracer sa trajectoire après son départ du port. Des pistes maritimes internationales seraient déjà explorées.

Au-delà du vol lui-même, cette affaire met en lumière la nécessité d’un renforcement des contrôles portuaires et d’une lutte accrue contre la corruption dans les circuits logistiques.
Le « casse » du Jacob H s’impose désormais comme un symbole des dérives et vulnérabilités que le Gabon devra impérativement corriger pour protéger ses richesses naturelles.





Assistant Edu Gabon