Addis-Abeba. Dans un contexte international en pleine recomposition, l’Italie a réuni, le 13 février 2026, plusieurs dirigeants africains autour d’un objectif clair : redéfinir les bases d’un partenariat stratégique avec le continent. Organisé à l’initiative de la République italienne, le Sommet Afrique–Italie entend dépasser le cadre traditionnel de la coopération pour s’inscrire dans une logique assumée de co-développement.
Au siège de l’Union africaine, les échanges ont donné le ton : l’Afrique n’est plus seulement un partenaire commercial ou un terrain d’influence géopolitique, mais un acteur économique central dans les équilibres mondiaux à venir.
Face aux mutations énergétiques, aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement et à la concurrence accrue des grandes puissances sur le continent, Rome affine sa stratégie africaine. L’accent a été mis sur l’investissement productif, l’industrialisation locale et la création de valeur sur place un changement de paradigme salué par plusieurs délégations.
Les discussions ont porté sur des secteurs clés : énergie, infrastructures, transformation industrielle, formation professionnelle et emploi des jeunes. Autant de domaines où l’Italie souhaite renforcer sa présence, tout en répondant aux attentes africaines en matière de transfert de compétences et de souveraineté économique.
Parmi les chefs d’État présents figurait le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema. Sa participation s’inscrit dans une stratégie plus large de repositionnement diplomatique du Gabon, qui mise sur la transformation locale de ses ressources et le renforcement de son tissu industriel.
Libreville défend une ligne claire : attirer des investissements structurants capables de générer de l’emploi durable et d’accroître la valeur ajoutée nationale. Dans cette optique, le rapprochement avec l’Italie ouvre des perspectives, notamment dans les secteurs énergétique et industriel.
Au-delà des annonces, ce sommet traduit une évolution plus profonde : l’Afrique négocie désormais avec davantage d’assurance. Porté par une démographie dynamique et des besoins massifs en infrastructures, le continent représente un marché stratégique incontournable.
La tonalité des échanges a reflété cette nouvelle réalité. Les dirigeants africains ont insisté sur la nécessité d’un partenariat équilibré, respectueux des priorités nationales et orienté vers des résultats mesurables.
Si les engagements devront désormais se concrétiser en projets opérationnels, le message politique est clair : l’Afrique ne veut plus être un simple réceptacle d’investissements, mais un espace de co-construction économique.
En ce sens, le Sommet Afrique–Italie marque moins un aboutissement qu’un point de départ. Celui d’une relation appelée à se structurer autour d’intérêts mutuels, dans un monde où les alliances économiques se redessinent à grande vitesse.





