CULTURE – Le rideau est tombé sur la deuxième édition du Guinness Slam Tour. Au terme d’une tournée nationale placée sous le signe de la création, de la jeunesse et de l’expression artistique, c’est finalement Glenn, jeune slameur venu de Mouila, qui s’est imposé au sommet de la compétition. Une victoire qui consacre un talent, mais qui illustre surtout l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes gabonais.

Le week-end dernier, la Société des boissons rafraîchissantes du Gabon (SOBRAGA), à travers sa marque Guinness, a une nouvelle fois donné rendez-vous aux amateurs de culture et de création artistique. Pour cette grande finale du Guinness Slam Tour, la poésie urbaine était à l’honneur, avec treize finalistes venus défendre leur univers, leur plume et leur présence scénique.

Glenn, la consécration au bout des mots
Face à un jury exigeant, Glenn a livré une prestation particulièrement convaincante. Avec une note de 13,79 sur 20, le représentant de Mouila a devancé une concurrence relevée et décroché le titre de la deuxième édition.

À la clé : un trophée et une prime de 500 000 francs CFA, récompensant une performance qui aura marqué cette finale.
Derrière lui, Dorisca, représentante de Franceville, a obtenu la deuxième place avec 12,63 sur 20, accompagnée d’une récompense de 250 000 francs CFA. Le podium est complété par Eddy Bipson, artiste local d’Owendo, crédité de 11,82 sur 20.
Au-delà des chiffres, cette finale aura surtout révélé la richesse des univers artistiques portés par ces jeunes slameurs, chacun venant défendre une identité, une écriture et une manière singulière de raconter le Gabon.

De Libreville aux provinces, la tournée à la rencontre des talents
Lancée le 20 juin, la Guinness Slam Tour s’est construite autour d’une ambition claire : aller chercher les talents là où ils se trouvent et leur offrir une véritable scène d’expression.
Organisée par SOBRAGA avec Guinness, en partenariat avec Black History Arts et Story Art, la tournée a sillonné plusieurs villes du pays, notamment Port-Gentil, Mouila, Oyem, Franceville et le Grand Libreville.

Cette démarche a permis de réunir treize finalistes pour la grande confrontation nationale. Mais surtout, elle a déplacé le centre de gravité de la création artistique, en donnant aux jeunes talents issus des différentes provinces l’occasion de se mesurer, de se faire connaître et de conquérir un public plus large.
À travers cette initiative, le slam apparaît ainsi comme bien plus qu’une simple discipline artistique. Il devient un espace de parole, de rencontre et de construction personnelle pour une jeunesse en quête de perspectives.
Pour cette ultime soirée, le slam n’était pas seul à occuper la scène. Sous la conduite de Mister Will, la finale a proposé un véritable spectacle consacré aux cultures urbaines.

La danse avec D12, le rap porté par Ken North et les sonorités jazz de Tisse Warren sont venus rythmer les différentes séquences de la soirée.
Chaque candidat disposait de deux passages de trois minutes pour convaincre le jury. Au-delà de la qualité des textes, les participants devaient démontrer leur capacité à maîtriser la scène, à transmettre un message et à capter l’attention du public.
Un exercice exigeant qui aura permis de départager les meilleurs.

Parmi les temps forts de cette finale, la passation de pouvoir entre L’Interprète, figure de la précédente édition, et Glenn a apporté une dimension particulièrement symbolique à la soirée.
En présence du parrain Franck Noël Makosso, cette séquence a matérialisé la continuité d’une aventure artistique qui entend désormais s’inscrire dans la durée.
D’une édition à l’autre, le Guinness Slam Tour semble ainsi vouloir construire une véritable famille autour du slam gabonais, en favorisant la transmission entre générations et en donnant aux nouveaux talents les moyens de prendre progressivement leur place.

Avec cette deuxième édition, le Guinness Slam Tour franchit un nouveau cap.
L’initiative ne se limite plus à désigner un vainqueur ou à distribuer des récompenses. Elle contribue à structurer un environnement favorable à la création orale et à l’éclosion de nouveaux talents.
Pour Glenn, la victoire de Mouila constitue sans doute le début d’une nouvelle aventure. Pour les autres finalistes, la compétition aura offert une visibilité et une expérience scénique précieuses.

Plus largement, cette tournée démontre que les talents gabonais existent dans les quartiers, les villes et les provinces, parfois loin des projecteurs de la capitale. Encore faut-il leur offrir les espaces nécessaires pour s’exprimer.
Avec le Guinness Slam Tour, le slam gagne donc du terrain. Et derrière les performances, les rimes et les applaudissements, c’est peut-être une véritable industrie de la création orale qui commence progressivement à prendre forme au Gabon.





Assistant Edu Gabon