Libreville, 24 août 2026 — Près de cinq décennies après la création de l’ancien complexe industriel de la Société Gabonaise de Cellulose (SOGACEL), le site de Ndouaniang, dans le département du Komo-Kango, pourrait retrouver une nouvelle vocation industrielle. Le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat et du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, s’est rendu ce lundi sur place pour évaluer le potentiel de réhabilitation du site et de sa vaste plantation d’eucalyptus.

Accompagné du directeur général de la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG), Jensen Opolo Nguili, et du directeur général de l’Agence d’Exécution des Activités de la Filière Forêt-Bois (AEAFFB), le colonel Alain Serge Edou Mve, le ministre a effectué une visite technique de la station de reboisement de Ndouaniang.
Créé en 1977 pour accueillir une usine de pâte à papier, le site présente un atout majeur : une importante plantation d’eucalyptus, une essence particulièrement recherchée dans la production de pâte à papier. Sa valorisation pourrait ainsi ouvrir la voie à une nouvelle chaîne de transformation locale autour de cette ressource forestière.

De la ressource à la transformation locale
Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse la seule réhabilitation d’un ancien site industriel. Il s’agit de mieux valoriser les ressources forestières nationales, d’accroître la transformation locale du bois et de favoriser la création d’emplois.
Mais avant toute relance industrielle, les autorités entendent disposer d’un état précis du potentiel disponible. Un inventaire forestier sera ainsi réalisé afin de déterminer le volume de bois, l’état sanitaire des plantations ainsi que la qualité des arbres. Ces données devront permettre d’établir les bases économiques du projet et, à terme, de faciliter la recherche d’investisseurs.

Cette démarche s’inscrit dans l’ambition affichée par les autorités de construire une économie davantage fondée sur la transformation locale et la création de valeur ajoutée. L’AEAFFB sera chargée de l’exécution technique et opérationnelle du projet, sous la supervision du ministère des Eaux et Forêts.
Les populations au cœur de la visite
La mission ministérielle n’a toutefois pas été limitée aux questions industrielles. Maurice Ntossui Allogo a également échangé avec les populations riveraines de Ndouaniang, notamment sur la problématique du conflit homme-faune.

Dans cette zone, les incursions d’éléphants constituent une préoccupation majeure pour les communautés, en raison des dégâts régulièrement causés aux cultures. Cette dimension sociale accompagne donc le projet de valorisation du site, alors que les autorités cherchent à concilier exploitation durable des ressources forestières, développement économique et protection des moyens de subsistance des populations.

À Ndouaniang, l’enjeu est désormais de transformer le potentiel forestier existant en véritable opportunité industrielle. L’inventaire annoncé constituera la première étape pour déterminer si l’ancien complexe SOGACEL peut, près de cinquante ans après sa création, redevenir un maillon d’une filière bois gabonaise davantage tournée vers la transformation et la création de valeur.





Assistant Edu Gabon