L’idée de pousser l’effort au-delà de l’essoufflement pour trouver son « second souffle » fait référence aux travaux du philosophe-psychologue William James.
L’auteur américain dans son célèbre essai de 1907 intitulé : Les Énergies des hommes (The Energies of Men), décrit comment l’être humain, en maintenant son effort malgré la sensation initiale d’épuisement personnel, parvient à surmonter une barrière mentale et physique cachées tout en continuant d’assumer ses responsabilités au service des couches défavorisées ou en situation d’exclusion sociale et sanitaire.
Près d’une décennie après sa création, le Samu social traverse véritablement sa première crise… sociale.
Derrière les efforts du personnel et la mission d’humanisme de son Coordinateur général, le Docteur Wenceslas Yaba, des besoins urgents se font ressentir et qui sont pressants.
En effet, au regard du déploiement massif des équipes sur l’ensemble du territoire national, la
subvention allouée par l’État pour le fonctionnement de la structure serait devenue insuffisante. Quand on sait que la mission du Samu social est axée sur la gratuité de ses services.
Né d’un espoir visant à garantir des prises en charge gratuites à des milliers de gabonais, le Samu social est a l’essoufflement. C’est une évidence.
Un parc automobile, de plus en plus obsolète, le cumul d’impayés de loyers, un personnel de plus en plus exigeant pour son traitement.
Le principal responsable de la structure, le Docteur Wenceslas Yaba, reconnu pour son penchant en faveur des luttes contre les inégalités sociales, aurait engagé un dialogue pour le maintien en confiance du moral du personnel.
Signal d’alarme. En début d’année, le Samu social a traversé des difficultés et a connu une suspension temporaire de ses services pour raison de problèmes logistiques et organisationnels.
Le service a toutefois procédé à un inventaire et à son réaménagement interne avant la reprise des activités de terrain.
En février 2026 après des opérations d’inventaire et de nettoyage, le Samu social a relancé l’intégrité de ses services de prise en charge gratuite d’urgence.
L’ensemble des prestations a repris aussitôt sur tout le territoire national maintenant son principe fondateur de gratuité pour les populations vulnérables.
Créée, le 6 juillet 2017, la structure de proximité affiche un bilan particulièrement massif. Bien qu’il n’ait pas tout à fait atteint ses dix ans d’existence.
Les données cumulées et validées par la direction de l’établissement font état de plus de 1 million 078 000 prises en charge gratuites effectives sur l’ensemble du territoire national.
À l’aube de ses cinq ans d’existence, le Samu social franchissait le cap symbolique de 1 million de personnes soignées.
En juillet 2024, le bilan officiel faisait état de 1 800 000 personnes prises en charge, se stabilisant autour de 1 708 000 interventions à la suite de l’intensification des caravanes médicales et de la réorganisation des différentes structures.
Entre août 2023 et 2025, le Samu social a enregistré une accélération majeure avec plus de 650 000 gabonais secourus en seulement 19 mois, porté par une forte volonté politique et de l’extension du réseau.
La structure s’est également imposée comme le premier centre ophtalmologique du pays en volume, avec plus de 9000 opérations de la cataracte réalisées entièrement et gratuitement par ses services.
Les rapports sociaux journaliers indiquent que 85 % des gabonais assistés proviennent des milieux fortement défavorisés ou en situation d’exclusion.
Débuté avec une poignée de véhicules à Libreville, le Samu social compte désormais 17 antennes opérationnelles interconnectées pour couvrir l’arrière pays (Ndendé, Makokou, Lambaréné, Ngouoni…).
Par Thierry Mocktar




