Le Délégué général en charge de la gestion de la Mairie de Libreville, le général de brigade Judes Ibrahim Rapontchombo, serait-il en train de vouloir mettre au pas, de façon soldatesque, les partenaires sociaux qui souhaitent faire entendre leurs revendications ? C’est ce à quoi il ressemble, au regard du boycott de l’assemblée générale prévue par la coalition FAL-SYLAML.

Alors que ces partenaires sociaux avaient prévu d’organiser leur AG le jeudi 6 juin, curieusement, c’est ce même jour et à la même heure que le Délégué spécial a jugé utile de convoquer tous les agents municipaux pour assister au lancement de la première édition du festival du cinéma chinois, organisé en partenariat avec l’Hôtel de ville de Libreville. Dans la note adressée aux agents municipaux, le Délégué spécial a exigé la présence obligatoire de tout le monde. Qui pouvait donc refuser d’obtempérer à l’ordre de l’étoilé de la Mairie ?

Ce qui a été vu comme une forme de boycott de leur AG par les syndicalistes du FAL-SYLAML, qui n’ont que très peu goûté cette manière de faire. Mais cela ne les a pas empêchés de faire le point, par la voix de Joe Fred Madouta, sur les désaccords avec leur Délégué spécial concernant leurs revendications, qui devaient être au cœur de leur AG, désormais reportée à une date ultérieure.

« Ces revendications, ce sont les revendications des agents municipaux. Ces revendications sont légitimes. Nous n’allons pas paraître ingrats vis-à-vis du Délégué spécial. Lorsqu’il est arrivé, je crois qu’il nous a donné sa parole », a indiqué Joe Fred Madouta. Il a ajouté : « Mais nous constatons avec regret que, depuis l’arrivée de certaines personnes à la maison, nous avons l’impression que le Délégué spécial qui essayait de nous écouter, que les choses ne se passent plus comme nous le souhaitons. Donc l’Assemblée Générale qui devait s’organiser aujourd’hui (6/6, ndlr), nous devons la reporter à une date sine die. Comprenons tous ensemble que nous, partenaires sociaux, les syndicats, avons pour vocation de défendre, pas d’exposer ; de protéger, pas d’exposer ».

Sur la même lancée, Joe Fred Madouta a poursuivi : « On n’a pas envie d’exposer les agents municipaux parce que vous êtes appelés à cette cérémonie. Et quand vous regardez les heures, ça coïncide avec les heures de notre Assemblée Générale, ce qui voudrait implicitement nous amener à surseoir. Donc l’Assemblée Générale aura lieu, nous allons faire des communications… ».

Faisant référence à un enregistrement audio qui circule dans la maison commune et qui semblerait opposer les partenaires sociaux de FAL-SYLAML à d’autres syndicats de l’Hôtel de ville, Joe Fred Madouta a encore souligné : « (…) Ayant écouté l’audio, vous comprenez qu’en milieu Bantu également, lorsqu’un père voit des enfants se battre, deux enfants se battent, en toute logique, le père qui ne voudrait pas voir sa maison se saboter appelle les deux enfants pour les conseiller. Mais nous constatons que le Délégué spécial est en train de prendre position pour un enfant.Nous prenons déjà acte de cela… ». D’autant qu’« il s’agit de la grille indiciaire des droits communs, actée dans le protocole d’accord, actée dans le procès-verbal de médiation, et nous étions récemment aux travaux convoqués par le Délégué spécial pour harmoniser…».

Kevin-Aymard Lelengui





Assistant Edu Gabon