Libreville, le 14 janvier 2025 Convergence Afrique .

La Banque mondiale a, pour la deuxième fois en moins d’un an, suspendu ses décaissements en faveur du Gabon. Cette décision, prise en raison d’arriérés de dettes s’élevant à 17 milliards de francs CFA au 10 janvier 2025, met en lumière des défis cruciaux dans la gestion des finances publiques de l’État gabonais et suscite des inquiétudes quant à l’avenir des projets financés par l’institution de Bretton Woods.

Une gestion sous pression

Contrairement à certaines idées reçues, ce n’est ni le ministre de l’Économie ni le directeur de la dette qui gèrent directement la trésorerie de l’État, mais bien le ministre des Comptes publics et le directeur général du Trésor. Ce dernier supervise les ordonnancements et s’assure de la disponibilité des liquidités pour honorer les engagements financiers de l’État. Cependant, malgré des ordonnancements effectués dès novembre 2024, plusieurs paiements restent en souffrance, menant à la récente interruption des financements de la Banque mondiale.

Cette situation compromet gravement des projets essentiels touchant des secteurs stratégiques tels que l’éducation, la santé et les infrastructures. Le gel des financements pourrait ainsi ralentir le développement national et aggraver la pression économique et sociale sur les autorités de transition.

Les causes des retards

Selon le Gouvernement, plusieurs facteurs expliquent ces retards. D’une part, une mobilisation insuffisante des ressources prévues sur le marché international, comme stipulé dans la loi de finances. D’autre part, les priorités nationales, notamment la mise en œuvre de mesures sociales jugées cruciales pour répondre aux attentes pressantes des populations, ont nécessité une réallocation des ressources. Par ailleurs, des opérations stratégiques, essentielles pour l’avenir du pays, ont absorbé une part significative des fonds disponibles.

Malgré ces défis, l’État gabonais a souligné ses efforts pour respecter ses engagements financiers. À fin novembre 2024, le Gouvernement avait déjà honoré des paiements totalisant 1 210 milliards de francs CFA au titre de la dette publique.

Des impacts inquiétants sur la crédibilité internationale

Cette nouvelle suspension des financements, après celle de juillet 2024 portant sur 10 milliards de francs CFA, met en évidence des failles structurelles au sein du ministère des Comptes publics et de la gestion économique en période de transition. Au-delà des impayés, cette situation fragilise la crédibilité du Gabon auprès des bailleurs de fonds, notamment le Fonds monétaire international (FMI). La perte de confiance qui en découle complique l’accès à de nouvelles lignes de crédit et compromet les perspectives économiques à moyen terme.

Un engagement à apurer les arriérés

Conscient de la gravité de la situation, le Gouvernement gabonais a annoncé la mise en œuvre de toutes les dispositions nécessaires pour apurer les arriérés dans les meilleurs délais. Cette démarche vise à rétablir une relation de confiance avec la Banque mondiale et à rassurer l’ensemble des partenaires financiers du pays.

Le Gabon reste déterminé à concilier ses impératifs sociaux et économiques tout en assurant une gestion rigoureuse de ses obligations financières internationales. Toutefois, les défis à relever pour redresser les finances publiques et préserver les projets de développement restent nombreux.

La crise actuelle illustre la nécessité d’une meilleure planification et d’une gestion plus proactive des ressources financières, des efforts qui seront indispensables pour restaurer la stabilité économique du pays.

Avec C.A Medias Group ,agence de Presse Panafricaine



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