Libreville, le 13 novembre 2025.
Un an jour pour jour après son arrestation par la Direction générale des services spéciaux (DGSS), le cas de Marc Nicolas ONDO continue de susciter l’indignation et de soulever de sérieuses interrogations sur les méthodes d’enquête et le respect des droits fondamentaux des citoyens.Le fugitif sur cette avis de recherche
Arrêté le 13 novembre 2024, Marc Nicolas ONDO, jeune gabonais sans antécédent judiciaire, a été interpellé à Libreville dans le cadre d’une vaste opération antidrogue menée par la DGSS. Il a été gardé au sous-sol de la Présidence de la République pendant trois semaines, sous le motif d’une « garde à vue pour nécessité d’enquête ».
Selon plusieurs sources concordantes, cette procédure faisait suite à la saisie d’un bateau au Port-Môle de Libreville, contenant des colis de drogue adressés à Carlos Judicaël NEMBE MVOULOU, présenté dans un reportage télévisé comme un « baron de la drogue ».
Or, un avis de recherche officiel, émis le 12 novembre 2024 par la préfecture de police de Libreville, visait précisément ce dernier, Carlos Judicaël NEMBE MVOULOU, destinataire déclaré de la cargaison. Malgré cela, ce dernier aurait quitté le pays librement avec sa famille, sans qu’aucune interpellation ne soit opérée à son encontre.
Marc Nicolas ONDO, pour sa part, a été confondu à Carlos, du fait d’une ressemblance physique (tous deux métis, cheveux longs) et d’un lien de voisinage.
Le 6 décembre 2024, Marc Nicolas a été conduit au cabinet d’instruction spécialisé n°1 où il a été inculpé pour association de malfaiteurs, trafic de stupéfiants et blanchiment de capitaux.
Le lendemain, 7 décembre 2024, il a été transféré manu militari à la maison d’arrêt de Makokou, à bord d’un avion militaire, en compagnie d’autres détenus placés en détention préventive, sous la supervision du procureur de la République de Libreville, M. Bruno.
Selon plusieurs sources présents à Makokou, Marc Nicolas ONDO a encore été présenté comme étant Carlos Judicaël lors de son arrivée à la maison d’arrêt, renforçant la thèse d’une grave erreur d’identité entretenue volontairement.
Sa mère, profondément bouleversée, crie à l’injustice. « Mon fils n’a rien à voir avec cette histoire. Il n’a jamais trafiqué de drogue. Il a été arrêté parce qu’il habite à côté de Carlos. C’est une erreur que la justice refuse de reconnaître », déclare-t-elle, la voix brisée par l’émotion.
Pour de nombreux observateurs, cette affaire illustre les dérives de certaines enquêtes conduites sans encadrement judiciaire effectif.
Le maintien prolongé en garde à vue trois semaines sans présentation devant un magistrat constitue en soi une violation manifeste des droits de la défense.
Un an après, aucune confrontation n’a eu lieu entre Marc Nicolas ONDO et le véritable mis en cause, Carlos Judicaël NEMBE MVOULOU, pourtant activement recherché à l’époque par la préfecture de police.
Cette absence d’actes concrets d’investigation renforce le sentiment que Marc Nicolas aurait servi de bouc émissaire dans une affaire aux contours encore flous.
À ce jour, aucune décision judiciaire n’a été rendue, et la famille du détenu, soutenue par plusieurs défenseurs des droits humains, réclame la révision urgente du dossier ainsi qu’une enquête indépendante pour établir la vérité.
Gaël BOBOUAGNO LENGA





