La crise qui secoue l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) est désormais traitée au plus haut niveau de l’exécutif. Face à une situation devenue préoccupante, le Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a convoqué une réunion de crise avec le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, Pacôme Kossy, ainsi que les deux directeurs généraux de l’agence. Une rencontre qui marque la volonté du gouvernement de mettre un terme aux tensions internes qui fragilisent une institution stratégique pour la santé publique.

Depuis plusieurs semaines, les différends au sein de l’AGASA alimentent les réseaux sociaux et les médias, exposant au grand jour des dissensions inhabituelles pour une administration chargée d’une mission aussi sensible que la sécurité sanitaire des aliments. Une situation qui inquiète les autorités, soucieuses de préserver la crédibilité de l’État dans un secteur directement lié à la protection des consommateurs.

Dès l’ouverture des échanges, Hermann Immongault a adopté un ton particulièrement ferme. Pour le coordinateur de l’action gouvernementale, les querelles internes qui paralysent l’agence sont incompatibles avec les exigences de la Cinquième République et portent atteinte à la mission première de l’institution.

« L’AGASA est chargée d’assurer la sécurité alimentaire des populations vivant sur le territoire national. Vous en êtes rendus au point où vous constituez une source d’insécurité pour les Gabonais », a-t-il déclaré, dénonçant des comportements qui, selon lui, ternissent l’image de l’administration publique et détournent l’agence de ses objectifs fondamentaux.

Le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a ensuite présenté l’état des travaux déjà engagés avec les équipes dirigeantes afin de tenter d’apaiser le climat. Les deux responsables de l’AGASA ont, chacun à leur tour, exposé leur lecture d’une crise devenue profondément délétère pour le fonctionnement de l’établissement.

Au-delà des divergences exprimées, le gouvernement entend désormais passer à une phase d’action. À l’issue de la réunion, Hermann Immongault a instruit le ministre de l’Agriculture de lui soumettre, dans un délai d’une semaine, un plan de sortie de crise assorti de solutions concrètes.
Cet ultimatum traduit la détermination de l’exécutif à restaurer rapidement la stabilité au sein de l’AGASA. Dans un contexte où les questions de sécurité alimentaire occupent une place croissante dans les politiques publiques, le gouvernement estime que l’agence ne peut se permettre de voir ses missions compromises par des conflits internes.

En reprenant directement le dossier, le Vice-président du Gouvernement envoie également un signal clair : les dysfonctionnements au sein des établissements publics ne seront plus tolérés lorsqu’ils mettent en péril l’efficacité de l’action de l’État. Pour l’AGASA, la semaine qui s’ouvre apparaît désormais décisive. Elle devra permettre de transformer les injonctions gouvernementales en réformes capables de rétablir un climat de confiance et de remettre l’institution au service exclusif de la sécurité alimentaire des Gabonais.



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