À Makokou, le 29 août, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu le directeur Afrique de The Nature Conservancy, Ademola Ajagbe. Au menu des échanges : investissements, tourisme durable, crédits carbone et valorisation économique du patrimoine naturel gabonais. Une rencontre qui illustre la volonté du pouvoir de faire de la biodiversité un véritable actif économique.
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À Makokou, au cœur de l’Ogooué-Ivindo, le décor n’était pas anodin. Alors que le Gabon cherche à accélérer la transformation de son économie, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a consacré une audience aux perspectives d’investissement dans le tourisme et à la valorisation du capital naturel du pays.
Face au Chef de l’État, le directeur Afrique de The Nature Conservancy (TNC), Ademola Ajagbe, est venu présenter des pistes de coopération autour d’un enjeu désormais stratégique : comment transformer l’exceptionnelle richesse environnementale du Gabon en opportunités économiques durables ?
De la conservation à la création de valeur
Longtemps appréhendée essentiellement sous l’angle de la conservation, la forêt gabonaise entend désormais devenir un levier de développement. Avec ses vastes espaces forestiers, sa biodiversité exceptionnelle et ses nombreuses espèces protégées, le pays dispose d’un patrimoine naturel susceptible de soutenir de nouvelles activités économiques.
C’est précisément sur cette articulation entre protection de l’environnement et création de valeur que se sont concentrés les échanges entre le président Oligui Nguema et le responsable de TNC.
Ademola Ajagbe a réaffirmé la disponibilité de son organisation à mettre à contribution son expertise, ses réseaux et ses capacités d’investissement pour accompagner le Gabon dans la diversification de son économie, la création d’emplois et la valorisation de ses actifs environnementaux.
L’un des axes évoqués concerne notamment les crédits carbone, mécanisme susceptible de permettre au Gabon de mieux valoriser financièrement les efforts consentis depuis plusieurs années pour préserver ses forêts et ses écosystèmes.
L’enjeu est considérable : faire en sorte que la conservation de la nature ne soit plus seulement perçue comme une contrainte, mais comme une source de revenus permettant de financer de nouveaux projets de développement.
Le tourisme, nouvelle frontière économique
Autre dossier majeur sur la table : le tourisme. Pour le responsable Afrique de TNC, les richesses naturelles du Gabon offrent un potentiel encore largement sous-exploité.
L’ambition affichée est de favoriser l’émergence d’un modèle touristique fondé sur la découverte de la faune, des paysages et des écosystèmes, tout en générant des retombées concrètes pour les populations locales.
Le défi consiste désormais à passer du potentiel à une véritable offre touristique. Des études devraient ainsi permettre d’identifier les sites les plus prometteurs dans les différentes régions du pays, d’évaluer leur potentiel et de concevoir des circuits capables d’attirer aussi bien les visiteurs nationaux que les touristes internationaux.
Dans cette stratégie, la formation et l’ouverture sur les réseaux internationaux apparaissent également déterminantes. Ademola Ajagbe a exprimé la volonté de faciliter la venue au Gabon de professionnels du tourisme afin de favoriser les échanges d’expertise, le transfert de compétences et la montée en puissance des acteurs locaux.
Les discussions ne sont pas restées au stade des intentions. Des accords ont été signés entre The Nature Conservancy et le ministère en charge du Tourisme, ouvrant la voie à la mise en œuvre des premières initiatives.
Cette étape traduit la volonté des autorités gabonaises de rapprocher davantage les pouvoirs publics des investisseurs et des partenaires spécialisés pour accélérer la transformation du potentiel naturel en projets concrets.
Au-delà du tourisme, c’est donc une nouvelle approche du développement économique qui se dessine : attirer les capitaux privés tout en s’appuyant sur les atouts propres au Gabon, notamment ses forêts, sa biodiversité et ses écosystèmes.
Le pari d’une croissance verte
Pour le président Oligui Nguema, la séquence s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification de l’économie gabonaise. Le secteur privé est appelé à jouer un rôle central dans cette transformation, avec pour objectifs la création d’emplois, l’attraction des investissements et la valorisation des ressources du pays.
À Makokou, le message est donc clair : le Gabon ne veut plus seulement protéger son patrimoine naturel ; il entend également mieux en tirer parti, sans compromettre son intégrité.
Le véritable défi sera désormais de transformer les engagements annoncés en investissements, en infrastructures touristiques, en emplois et en revenus pour les communautés locales.
Entre crédits carbone, écotourisme et investissements privés, le Gabon cherche ainsi à inventer une équation nouvelle : faire de la préservation de son exceptionnelle biodiversité non pas un frein au développement, mais l’un de ses moteurs.
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