Le 12 avril 2025, le Gabon se prépare à élire son nouveau président de la République, et l’un des candidats majeurs, Brice Clotaire Oligui Nguema, a d’ores et déjà exposé son projet de société. Dans un diagnostic sans concession de la situation économique du pays, il appelle à une profonde transformation pour pallier les défis structurels et construire un avenir plus équilibré et durable pour le Gabon.
Les fragilités structurelles de l’économie gabonaise
Brice Clotaire Oligui Nguema souligne que les problèmes économiques du Gabon sont bien connus : une dépendance excessive aux hydrocarbures. Cette rente pétrolière a longtemps soutenu la croissance du pays, en finançant de nombreux projets d’infrastructures et de services publics. Toutefois, cette dépendance a également limité la capacité du pays à diversifier son économie et a rendu le Gabon vulnérable aux fluctuations des prix du pétrole sur le marché mondial.
« Le marché du pétrole a connu plusieurs revers qui ont démontré l’impact néfaste des variations de cours sur notre stabilité économique et sociale. Il est donc impératif de transformer notre modèle économique pour en sortir et adopter un développement plus équilibré et durable », explique le président de la transition.
La diversification économique : un impératif pour l’avenir
Loin de se satisfaire de la situation actuelle, Oligui Nguema préconise une réforme ambitieuse du secteur économique, visant à valoriser les atouts diversifiés du Gabon, au-delà des hydrocarbures. Il évoque notamment la richesse inestimable de la biodiversité, la créativité de la jeunesse gabonaise, ainsi que la nécessité d’impulser des réformes en matière d’investissements productifs dans de nouveaux secteurs porteurs.
Selon lui, l’avenir du Gabon repose sur la valorisation de ces secteurs émergents tels que l’agro-industrie, l’économie verte, le numérique et le tourisme. « Il nous faut nous tourner résolument vers l’innovation et les nouvelles technologies pour renforcer notre compétitivité sur le marché international », déclare-t-il.
La transformation locale des ressources naturelles : un enjeu de souveraineté
L’un des défis majeurs du Gabon réside également dans la faible transformation locale de ses ressources naturelles, malgré son potentiel exceptionnel en matières premières telles que le bois, le manganèse, l’or et le fer. Le pays exporte principalement ces produits à l’état brut, privant ainsi la population de nombreuses opportunités économiques et d’emplois qualifiés.
Oligui Nguema plaide pour la mise en place d’un environnement propice à l’émergence d’industries locales de transformation. En incitant à l’implantation d’unités de production modernes et compétitives, il envisage de créer une véritable chaîne de valeur au Gabon, permettant à la jeunesse de s’intégrer dans un marché du travail plus dynamique.
Au-delà de l’aspect économique, la valorisation locale des ressources naturelles constitue également un enjeu de souveraineté nationale, selon le candidat. Il estime que seuls des investissements solides et une volonté politique affirmée permettront au pays de franchir ce cap et de transformer ses ressources en moteurs de prospérité.
Conclusion : une ambition de transformation durable
Brice Clotaire Oligui Nguema conclut son diagnostic par un appel à l’unité et à l’action collective. « Ce n’est qu’ensemble, en plaçant l’intérêt général au cœur de nos préoccupations, que nous pourrons construire les bases d’un Gabon prospère, moins dépendant des aléas économiques mondiaux et plus résilient face aux défis du futur. »
Dans son projet de société, le candidat de la transition affiche sa volonté de conduire le pays vers un renouveau économique, en réformant profondément le modèle actuel et en misant sur une croissance plus inclusive et durable. Une vision audacieuse qui, si elle est mise en œuvre, pourrait marquer un tournant décisif dans le développement du Gabon.
Ruth Daniel




