Le Président Gabonais, en visite officielle à Washington, n’est pas venu les mains vides. Lundi 8 juillet, à la Chambre de Commerce des États-Unis, c’est un véritable catalogue d’investissements structurants qu’il a déroulé devant un parterre de dirigeants américains : port en eau profonde de Mayumba, ligne ferroviaire Belinga-Mayumba, nouvel aéroport d’Andem, réseau routier de 3 000 km, et surtout, l’exploitation tant attendue des gisements de fer de Belinga et Baniaka. Du lourd. Du stratégique.

Le rendez-vous n’avait rien d’anodin. Il intervient alors que Libreville cherche à diversifier ses partenaires, à sortir d’une trop grande dépendance à l’égard de ses interlocuteurs traditionnels, tout en reconfigurant sa diplomatie économique. En clair : afficher un Gabon « nouveau », réformé, attractif, crédible et surtout, ouvert aux affaires.

Derrière la vitrine des projets, c’est une volonté politique qui s’affirme. Celle d’un pays désireux de redevenir un hub régional, maîtrisant ses ressources et son destin économique. Le message est clair : le Gabon veut passer d’un modèle extractif sous contrôle étranger à une stratégie de transformation locale et de création de chaînes de valeur.

Côté américain, les signaux sont positifs. Plusieurs multinationales du BTP, de l’énergie et de la logistique ont marqué leur intérêt. Et pour cause : la stabilité politique relative depuis la transition, combinée à un discours clair sur la gouvernance et les réformes, redonne de la lisibilité au climat des affaires gabonais. En coulisses, certains groupes présents lors de la réunion lorgnent déjà sur les futurs appels d’offres liés aux projets d’infrastructures et à l’exploitation minière.

Mais la route reste semée d’embûches. La crédibilité des promesses de l’État gabonais repose désormais sur sa capacité à concrétiser ses engagements, à instaurer un climat juridique fiable, et surtout, à ne pas retomber dans les travers d’un capitalisme de connivence. La souveraineté affichée doit s’accompagner de transparence et de professionnalisme. Washington, même séduit, n’investira pas à perte.

Ce déplacement est un signal fort : le Gabon entend peser autrement sur la scène africaine, en s’appuyant sur une diplomatie économique proactive. La balle est désormais dans le camp de Libreville pour transformer les intentions en résultats. Car le temps des grandes annonces sans suite est bel et bien révolu.

Par notre envoyé spécial à Washington





Assistant Edu Gabon