Il est des moments où une nation doit choisir entre le tumulte des passions et la rigueur des principes.

Vous parlez d’un peuple debout, d’une communauté unie, d’un rejet sans appel. Mais la vérité, souvent moins bruyante, est aussi plus exigeante : le football gabonais ne se gouverne ni dans les slogans, ni dans les élans d’humeur, mais dans le respect des règles librement établies par ses propres acteurs.

Car ceux que vous semblez oublier présidents de clubs, responsables de ligues, encadreurs, associations ne sont pas des figurants de circonstance. Ils sont l’ossature même de notre football. Et lorsqu’ils s’expriment dans le cadre des textes, leur voix vaut plus que mille clameurs éphémères.

Vous évoquez une marche. Mais l’Histoire ne retient pas les foules dispersées, encore moins celles qui se tiennent en dehors des règles qu’elles prétendent défendre. La légitimité ne se décrète pas dans la rue, elle se construit dans le respect des institutions.

Vous invoquez des noms, des parcours, des symboles. Mais une nation sérieuse et le Gabon doit l’être ne remplace pas le droit par l’émotion, ni les statuts par les préférences.

Et pendant que certains s’agitent, d’autres observent. La présence de la FIFA dans ce processus n’est pas un détail : c’est le signe que ce qui se joue dépasse nos querelles et engage la crédibilité même de notre football.

Il ne s’agit pas de défendre un homme. Il s’agit de défendre un principe : celui selon lequel, dans une République comme dans une Fédération, ce sont les règles qui gouvernent, ou alors ce n’est plus qu’un théâtre d’ambitions.

Le Gabon mérite mieux que des verdicts précipités. Il mérite la hauteur, la responsabilité, et surtout le respect des textes.

L’avenir ne se construit pas dans le bruit.

Didier Oyono E.





Assistant Edu Gabon