À Libreville, le chef de l’État gabonais a reçu Parfait Onanga-Anyanga, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies auprès de l’Union africaine. Au menu des échanges : le processus de transition au Gabon et les enseignements à tirer pour accompagner Madagascar vers un retour à l’ordre constitutionnel.

Libreville, 9 juillet 2026 — La transition gabonaise continue d’attirer l’attention des organisations continentales et internationales. Près de trois ans après le changement politique intervenu le 30 août 2023, le modèle présenté par Libreville comme une « transition apaisée » est désormais scruté au-delà des frontières nationales.

C’est dans ce contexte que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu en audience, ce jeudi 9 juillet, Parfait Onanga-Anyanga, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies auprès de l’Union africaine et envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine pour Madagascar.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des consultations menées conjointement par les Nations unies et l’Union africaine sur les transitions politiques en cours sur le continent. Elle intervient alors que plusieurs pays africains cherchent des voies de sortie de crise permettant de concilier stabilité institutionnelle, réformes politiques et retour à un ordre constitutionnel.

Le « modèle gabonais » au centre des discussions

À l’issue de l’entretien, Parfait Onanga-Anyanga a expliqué que sa démarche consistait à recueillir l’expérience gabonaise afin d’éclairer les réflexions engagées dans d’autres contextes de transition.
« La transition du Gabon est aujourd’hui un modèle du genre en Afrique. Nous avons souhaité écouter le Président de la République et recueillir ses conseils afin d’accompagner Madagascar dans sa phase de transition », a-t-il déclaré.

Une reconnaissance qui conforte la stratégie défendue par les autorités gabonaises depuis l’arrivée au pouvoir du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), consistant à présenter la période transitoire comme une étape de refondation institutionnelle et de reconstruction de la confiance publique.

Madagascar, autre dossier sensible
Les échanges entre les deux personnalités ont également porté sur la situation malgache. L’envoyé spécial a indiqué que les enseignements tirés de l’expérience gabonaise pourraient contribuer à accompagner Madagascar vers une sortie de crise consensuelle, avec en perspective l’organisation d’une élection inclusive annoncée à l’horizon décembre 2027.
Pour l’ONU et l’Union africaine, l’enjeu est de favoriser des transitions qui ne se limitent pas à une simple échéance électorale, mais qui permettent également de renforcer les institutions, d’apaiser les tensions politiques et de garantir une participation plus large des forces vives nationales.

Libreville, nouveau laboratoire diplomatique ?

Cette audience confirme la place croissante que Libreville entend occuper dans les discussions régionales sur la gouvernance et la stabilité politique. Depuis 2023, le Gabon multiplie les signaux diplomatiques visant à démontrer la singularité de son processus de transition, notamment à travers l’organisation d’un dialogue national et la mise en œuvre de réformes institutionnelles.

Pour ses partenaires africains et internationaux, le défi reste désormais de mesurer la capacité de cette expérience à inspirer d’autres trajectoires politiques sur le continent.
En recevant Parfait Onanga-Anyanga, Brice Clotaire Oligui Nguema a ainsi ouvert une nouvelle séquence diplomatique où le Gabon cherche à passer du statut de pays en transition à celui d’acteur de référence dans les mécanismes africains de prévention des crises et de consolidation de la paix.





Assistant Edu Gabon