Owendo – Le chantier de désenclavement du Gabon change de dimension. Après plusieurs années marquées par l’état dégradé de nombreux axes routiers, les autorités misent désormais sur une montée en puissance des moyens techniques.
Mardi 14 juillet 2026, à Owendo, le ministre des Travaux publics, Edgard Moukoumbi, a officiellement réceptionné une importante flotte d’engins lourds destinée à soutenir quatre grands projets routiers confiés à l’entreprise ivoirienne Schiba Holding.
Derrière cette démonstration logistique se cache un investissement conséquent : 80 milliards de FCFA consacrés à l’acquisition d’équipements de génie civil destinés à accélérer la réalisation d’environ 530 kilomètres de routes à travers le pays.
La cérémonie, organisée en présence de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire au Gabon, Bertin Konan, marque une nouvelle étape dans la coopération économique entre Libreville et Abidjan, notamment dans le secteur stratégique des infrastructures.
Selon les informations communiquées lors de la réception, la commande porte sur une flotte globale de 550 machines de travaux publics. Parmi celles-ci, 150 engins auraient déjà été acheminés au Gabon, dont 107 actuellement déployés sur les différents sites de travaux.
Ces équipements doivent permettre à Schiba Holding de renforcer ses capacités opérationnelles sur plusieurs fronts. Les premières machines sont déjà mobilisées sur les axes Bifoun-Lambaréné et Makokou-Okondja, deux corridors considérés comme prioritaires dans la stratégie nationale de modernisation du réseau routier.
Pour les autorités gabonaises, l’enjeu dépasse la simple réhabilitation des routes. Il s’agit de réduire les distances économiques entre les provinces, d’améliorer la circulation des biens et des personnes et de donner un nouvel élan aux territoires longtemps pénalisés par l’enclavement.
Quatre axes stratégiques, 530 kilomètres à transformer
Le portefeuille confié à Schiba Holding concerne quatre grands axes.
Le premier chantier porte sur la réhabilitation de la route Bifoun-Lambaréné, longue de 71 kilomètres. Cet itinéraire, reliant l’Estuaire au Moyen-Ogooué, constitue un passage essentiel pour les transporteurs et les populations locales. Son état de dégradation était devenu un symbole des difficultés du réseau routier national.
Le deuxième projet concerne l’axe Makokou-Okondja, l’un des plus importants du programme avec 260 kilomètres à aménager en béton bitumineux. Cette route doit contribuer au rapprochement entre l’Ogooué-Ivindo et le Haut-Ogooué, deux zones aux forts potentiels économiques.
S’ajoutent les tronçons Lébamba-Yéno (82 km) et Yéno-Mimongo-Koula-Moutou (117 km), qui complètent ce vaste dispositif destiné à améliorer la connexion entre plusieurs localités de l’intérieur du pays.
Au total, ce sont donc 530 kilomètres de routes qui doivent être modernisés, avec l’ambition affichée de créer une véritable continuité routière entre les principales zones administratives et économiques du Gabon.
Un programme routier à plus de 520 milliards de FCFA
Ces travaux s’inscrivent dans un programme national plus large évalué à plus de 520 milliards de FCFA. Porté par les autorités de transition, ce plan vise à accélérer la transformation des infrastructures routières, considérées comme un levier majeur du développement économique.
La vision défendue par le président Brice Clotaire Oligui Nguema repose sur un objectif clair : améliorer la mobilité nationale, rapprocher les provinces du centre économique du pays et favoriser l’exploitation des potentialités agricoles, minières et touristiques de l’intérieur.
Dans cette perspective, les routes ne sont plus seulement perçues comme des ouvrages de transport, mais comme des outils d’intégration économique et territoriale.
Pour l’entreprise ivoirienne Schiba Holding, cette opération représente également un engagement stratégique. Son président-directeur général, Soro Nidjabedjan, a indiqué que les investissements réalisés dans les équipements traduisent la volonté du groupe d’accompagner durablement le Gabon dans son développement infrastructurel.
Déjà présente sur les axes Bifoun-Lambaréné et Makokou-Okondja, la société entend désormais passer à une phase d’exécution accélérée grâce à cette nouvelle capacité matérielle.
Reste désormais le défi principal, transformer cette puissance mécanique en kilomètres de routes effectivement livrés. Car au-delà des engins exposés à Owendo, l’attente des populations gabonaises demeure concrète : circuler plus facilement, réduire les coûts de transport et voir enfin disparaître les nombreux points noirs du réseau routier national.





