De l’USTM au marché Albert Yangari, en passant par le Leconi Palace et le monastère de Franceville 3/Oligiville, le président gabonais a effectué une longue tournée de terrain, samedi 22 août. Une visite placée sous le signe du contrôle, de la qualité des ouvrages et de l’accélération des travaux.

Franceville, 22 août 2026. À Franceville, Brice Clotaire Oligui Nguema a troqué les salons officiels pour les casques de chantier. Pendant plusieurs heures, le président de la République a sillonné les principaux projets en cours dans la capitale du Haut-Ogooué, de l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM) au marché Albert Yangari, en passant par l’ancienne Trésorerie/Poste, l’ex-immeuble de la Banque Gabonaise de Développement (BGD), le Lycée d’Excellence, le marché du deuxième arrondissement et le Leconi Palace.

Dernière étape de cette tournée particulièrement dense : le monastère de Franceville 3/Oligiville. Un chantier qui a retenu l’attention du chef de l’État par la qualité de ses réalisations et de ses finitions.
L’USTM, priorité au capital humain
Première halte et sans doute l’un des points forts de la visite : l’USTM. Face aux responsables universitaires et aux techniciens, le président a rappelé que la politique d’infrastructures ne pouvait être dissociée de celle du capital humain.
Pour le chef de l’État, construire des bâtiments universitaires ne suffit pas. Encore faut-il donner aux étudiants les moyens d’acquérir une formation scientifique en phase avec les exigences du marché du travail.

Laboratoires, salles de travaux pratiques, amphithéâtres, salles de cours et équipements scientifiques ont ainsi été au cœur des échanges. L’ambition affichée est claire : faire de l’USTM une véritable université scientifique, davantage tournée vers la pratique et l’expérimentation.
Une enveloppe d’environ 312 millions de FCFA a notamment été évoquée pour les équipements de laboratoire, avec la possibilité d’un financement complémentaire pouvant atteindre 200 millions de FCFA pour un laboratoire. Mais Oligui Nguema a exigé davantage de transparence sur les offres : entreprises soumissionnaires, cahiers des charges, factures, équipements proposés et validation technique devront être clairement établis.

Autre urgence : la capacité d’accueil de l’université. Le président a demandé l’identification rapide de bâtiments susceptibles d’être transformés en espaces pédagogiques.
Le Recteur devra préciser les besoins en salles de cours, salles de professeurs et autres espaces nécessaires au bon fonctionnement de l’établissement. Une enveloppe résiduelle d’environ 554 millions de FCFA a été évoquée, sous réserve de la consolidation des besoins.
L’objectif dépasse la simple question immobilière : il s’agit aussi de préparer une rentrée universitaire apaisée et de réduire les facteurs susceptibles d’alimenter les mouvements de grève.
Un amphithéâtre d’environ 270 places, pour un coût estimé à près de 130 millions de FCFA, doit également voir le jour, avec une livraison envisagée au plus tard à la fin du mois de novembre. À cela pourrait s’ajouter une enveloppe d’environ 170 millions de FCFA pour les équipements informatiques, audiovisuels et la sonorisation des amphithéâtres.

À Franceville, la pression ne s’exerce cependant pas uniquement sur les salles de cours. Le logement étudiant constitue lui aussi un sujet de préoccupation.
Avec environ 1 200 lits, la capacité d’hébergement de l’USTM reste insuffisante. Le président a donc défendu une approche associant investissement public et initiative privée.
Des campus privés pourraient ainsi être développés à proximité de l’université, dans le cadre de partenariats avec l’État. Une étude devra notamment examiner la possibilité de créer environ 500 chambres supplémentaires sur un site identifié, après réalisation d’un levé topographique.
Oligui Nguema a également dénoncé l’explosion des loyers autour de l’université. Des chambres autrefois proposées entre 25 000 et 30 000 FCFA atteindraient désormais 50 000 à 75 000 FCFA. Une situation que le président souhaite voir examinée avec les propriétaires, les élus et les autorités locales, y compris sous l’angle de la fiscalité applicable aux revenus locatifs.

La tournée s’est poursuivie sur plusieurs autres sites emblématiques de Franceville.
Au marché du deuxième arrondissement, où les travaux restent encore à un stade préliminaire, le président a demandé une accélération significative du rythme d’exécution. L’idée serait notamment de rapprocher son achèvement de celui du marché Albert Yangari afin d’envisager, si le calendrier le permet, une inauguration conjointe.

Au Leconi Palace, Brice Clotaire Oligui Nguema a constaté l’état d’avancement de la réhabilitation et visité plusieurs niveaux du bâtiment. Mais la question foncière est rapidement venue s’imposer : des riverains auraient progressivement empiété sur le domaine de l’établissement en y engageant des constructions.
Instruction a donc été donnée aux élus et responsables locaux de clarifier la situation et de préserver l’emprise foncière du complexe hôtelier.

À l’intérieur du bâtiment, le président a également précisé que la future boîte de nuit devra être aménagée au niveau du sol, conformément aux orientations retenues pour le projet.
Le monastère, l’effet « chantier modèle »
C’est toutefois la dernière étape de la tournée qui semble avoir le plus marqué le chef de l’État.
Au monastère de Franceville 3/Oligiville, la qualité des travaux et le soin apporté aux finitions ont été particulièrement appréciés. Le chantier, porté notamment par l’Évêque de Franceville avec le concours d’une entreprise spécialisée, a été présenté comme un exemple du niveau de qualité recherché pour les ouvrages publics et privés.

Séduit par le résultat, Oligui Nguema a exprimé le souhait que l’entreprise puisse être sollicitée sur d’autres projets, notamment dans le Haut-Ogooué, mais également dans d’autres provinces, avec Port-Gentil parmi les prochaines perspectives évoquées.
Les députés sommés de jouer leur rôle
Autre dimension de cette tournée : la responsabilisation des élus locaux.
Entouré notamment des quatre députés de la commune Justine Judith Lekogo, Alouba Abouna Mavie Larosa, Abdul-Rabman Youma et Anoue Tourou Kiki Léandre ainsi que de plusieurs hauts responsables, cadres, entrepreneurs, techniciens et ingénieurs, le président les a régulièrement interpellés sur le suivi des décisions prises.

Le message est limpide : la mission des parlementaires ne doit pas s’arrêter à l’Assemblée nationale. Ils doivent également assurer un rôle de relais entre les populations, les collectivités locales, l’administration et les opérateurs économiques.
Dans une ville où plusieurs projets structurants sont engagés simultanément, le chef de l’État veut ainsi installer une logique de proximité et de responsabilité partagée.

Au-delà de la succession des sites visités, cette tournée de Franceville dessine une méthode présidentielle : aller sur le terrain, vérifier, questionner et corriger.
À l’USTM, l’enjeu est celui de la formation scientifique et du capital humain. Dans les marchés, il s’agit d’accélérer les travaux et d’améliorer les conditions d’activité. Au Lycée d’Excellence, dont la livraison est désormais envisagée pour septembre 2027, la priorité est à l’achèvement d’un établissement conforme à son ambition, avec notamment trois à quatre salles destinées à être transformées en laboratoires.

Sur les anciens bâtiments administratifs, l’objectif est de valoriser le patrimoine existant. Au Leconi Palace, la réhabilitation doit aller de pair avec la sécurisation du foncier. Et au monastère, la qualité des finitions devient une référence à reproduire.
En somme, le président gabonais veut faire passer un message simple aux responsables de projets comme aux entreprises : un chantier ne vaut pas seulement par son lancement, mais par la qualité de son exécution et sa livraison effective.

À Franceville, la tournée présidentielle aura donc ressemblé moins à une visite protocolaire qu’à une inspection grandeur nature. Une manière, pour Brice Clotaire Oligui Nguema, de rappeler que derrière les budgets, les annonces et les marchés publics, il existe une exigence ultime : livrer aux populations des infrastructures utiles, durables et à la hauteur des ambitions affichées pour le Gabon.

Joseph Keurtys MABIMBA





Assistant Edu Gabon