Créée le 24 octobre 2026 à Libreville, l’Association de la presse judiciaire gabonaise (APJ Gabon) sera présidée, à titre provisoire, par Gaël Bobouagno Lenga. Ses membres fondateurs entendent promouvoir une couverture des affaires judiciaires plus rigoureuse, fondée sur la maîtrise des procédures et le respect de l’éthique.
Le journalisme judiciaire gabonais se dote d’un nouvel outil de professionnalisation. Réunis au siège de l’ONG SOS Prisonniers Gabon, dans le premier arrondissement de Libreville, les membres fondateurs de l’APJ Gabon ont tenu leur assemblée générale constitutive, le 24 octobre, marquant ainsi le lancement de cette initiative dédiée à la couverture de l’actualité judiciaire.
Présidée par Jean-Claude Afa, ancien président du Réseau national des journalistes indépendants (RENAJI), la rencontre a abouti à l’adoption unanime des statuts et du règlement intérieur. Gaël Bobouagno Lenga a été désigné à la tête du bureau provisoire. Les travaux se sont déroulés sous le contrôle de Maître Bruno Mbina Mbina, huissier de justice, chargé d’établir le procès-verbal nécessaire aux formalités de déclaration auprès du ministère de l’Intérieur.
Au cœur de cette démarche se trouve un constat : couvrir la justice exige une connaissance précise des procédures et du vocabulaire juridique. Confondre garde à vue et détention préventive, mandat de dépôt et mandat d’amener, ou encore parquet et juge d’instruction peut fausser la compréhension d’une affaire et induire le public en erreur.
Pour y remédier, l’APJ Gabon prévoit des formations et des séminaires animés avec des juristes et des experts. L’objectif est de permettre aux journalistes de mieux comprendre le fonctionnement des juridictions, de vérifier leurs informations et de restituer les faits avec davantage de précision.
La spécialisation ne saurait toutefois se limiter à la maîtrise du droit. Elle suppose également de respecter les principes qui encadrent le traitement de l’information judiciaire : présomption d’innocence, secret de l’instruction et protection des sources.
Pour Gaël Bobouagno Lenga, cette expertise constitue avant tout une responsabilité professionnelle. Le journaliste doit éclairer les citoyens sur les affaires de justice sans se substituer aux magistrats ni anticiper leurs décisions.
L’association entend, dans cette perspective, renforcer les échanges entre les rédactions et les institutions judiciaires, tout en préservant l’indépendance du travail journalistique.
Des ambitions à l’épreuve du terrain
La création de l’APJ Gabon ouvre un nouveau chantier pour la presse nationale. Sa crédibilité dépendra désormais de sa capacité à concrétiser ses engagements, à structurer une offre de formation adaptée et à installer durablement de meilleures pratiques dans les rédactions.
Les membres fondateurs ont exprimé leur reconnaissance à Lionel Engonga, président de l’ONG SOS Prisonniers Gabon, pour avoir mis ses locaux à disposition, ainsi qu’à Maître Bruno Mbina Mbina pour son accompagnement juridique.
À travers cette initiative, ses promoteurs veulent faire de la rigueur, de la compétence et de la déontologie les marqueurs d’un journalisme judiciaire mieux armé pour informer les citoyens et contribuer à la consolidation de l’État de droit au Gabon.





