À Libreville, le ministre de l’Environnement et du Climat, Stanislas Stephen Mouba, a échangé le 30 octobre avec Mohamed El Amine Souef, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale. Au menu : les conséquences sécuritaires du changement climatique, le financement de l’adaptation et le renforcement de la coopération régionale.
Le changement climatique ne constitue plus seulement une préoccupation environnementale. En Afrique centrale, il s’impose progressivement comme un facteur susceptible de fragiliser les équilibres sociaux, économiques et sécuritaires. C’est autour de cette problématique que s’est tenue, le 30 octobre, une rencontre entre le ministre gabonais de l’Environnement et du Climat, Stanislas Stephen Mouba, et Mohamed El Amine Souef, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale et Chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA).
Au-delà des questions environnementales, les discussions ont mis en évidence les interactions croissantes entre dérèglement climatique, paix et sécurité dans une sous-région particulièrement exposée aux pressions sur les ressources naturelles. La raréfaction de certaines ressources, la dégradation des écosystèmes et les menaces pesant sur les moyens de subsistance des populations peuvent, en effet, exacerber les tensions communautaires et alimenter des situations de vulnérabilité.
Pour les deux personnalités, l’enjeu consiste désormais à mieux anticiper ces risques et à intégrer leur dimension sécuritaire dans les politiques climatiques ainsi que dans les stratégies de prévention des conflits et de consolidation de la paix.
L’autre axe majeur de cette rencontre concerne l’accès aux financements climatiques. Dans un contexte où les besoins d’adaptation des pays africains demeurent considérables, le Gabon et l’UNOCA entendent explorer les possibilités d’une coopération renforcée pour faciliter la mobilisation des ressources financières et accompagner des projets structurants.
L’objectif est notamment de soutenir des initiatives capables de renforcer la résilience des communautés, tout en réduisant les facteurs de tensions liés aux changements environnementaux. Une approche qui place la finance climatique au-delà de sa seule dimension écologique, pour en faire également un instrument de stabilité et de prévention des conflits.
La mobilisation de nouveaux partenariats et de ressources au bénéfice du Gabon et de l’ensemble de l’Afrique centrale a également été évoquée.
La société civile appelée à peser dans les débats de la COP31
La perspective de la COP31 a constitué un autre point important des échanges. Les deux responsables ont notamment abordé la position commune portée par la société civile d’Afrique centrale en préparation de ce rendez-vous international sur le climat.
Cette démarche entend défendre une approche intégrée des défis climatiques, en mettant en avant les liens entre environnement, paix et sécurité, mais également la nécessité d’améliorer l’accès aux financements climatiques.
Une attention particulière est accordée à la participation effective des femmes et des jeunes dans les politiques d’action climatique et les mécanismes de prévention des conflits. Leur implication apparaît comme une condition essentielle pour construire des réponses durables, adaptées aux réalités des communautés locales.
Cette rencontre traduit la volonté de rapprocher davantage les priorités environnementales du Gabon des initiatives régionales et internationales en matière de paix et de sécurité. Pour l’UNOCA, comme pour les autorités gabonaises, la réponse aux bouleversements climatiques ne peut plus être envisagée indépendamment des enjeux de stabilité régionale.
Dans une Afrique centrale confrontée à des défis environnementaux, économiques et sécuritaires étroitement liés, la coordination entre États, organisations régionales, Nations Unies et société civile apparaît plus que jamais nécessaire.
Au fond, le message porté par cette rencontre est clair : prévenir les crises de demain passe aussi par la capacité des États à protéger leurs ressources naturelles, à renforcer la résilience des populations et à faire du financement climatique un véritable outil de développement et de paix durable.





