La Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag) et la Croix-Rouge gabonaise ont conclu, le 30 octobre 2026 à Owendo, un partenariat qui prévoit le déploiement de personnel médical à bord des trains voyageurs. Une mesure destinée à renforcer la sécurité sanitaire des milliers d’usagers du chemin de fer.

Voyager en train au Gabon ne devra plus signifier attendre l’arrivée en gare pour bénéficier des premiers soins. La Setrag et la Croix-Rouge gabonaise viennent de franchir un nouveau cap dans la sécurisation du transport ferroviaire, avec la signature d’une convention de partenariat consacrée à l’assistance médicale à bord du Transgabonais.

Conclu le 30 octobre dernier à Owendo, cet accord prévoit désormais la présence systématique d’une équipe composée d’un secouriste et d’une infirmière dans chaque train voyageurs. Un médecin pourra également être mobilisé en fonction de la gravité des situations. Des équipements médicaux adaptés accompagneront ce dispositif afin de permettre une intervention rapide en cas d’urgence durant le trajet.

L’enjeu est loin d’être secondaire. Sur plusieurs portions du réseau ferroviaire, les distances entre les gares et les structures sanitaires peuvent compliquer la prise en charge des voyageurs victimes d’un malaise ou d’un accident. Crise cardiaque, complication de grossesse, problème respiratoire ou autre urgence médicale : dans ces circonstances, les premières minutes peuvent être déterminantes.

Avec ce nouveau mécanisme, la prise en charge ne dépendra donc plus exclusivement des moyens disponibles à l’arrivée du train. Les premiers gestes de secours pourront être effectués directement à bord, dans l’attente, si nécessaire, d’une évacuation vers une structure sanitaire appropriée.

Chaque semaine, plus de 4 000 voyageurs empruntent le Transgabonais, qui traverse cinq provinces du pays. Parmi eux, des personnes âgées, des enfants, des femmes enceintes et des passagers vivant avec des pathologies chroniques, particulièrement exposés aux risques sanitaires durant les longs déplacements.
Pour Christian Magni, directeur général de la Setrag, cette convention constitue une innovation dans le secteur ferroviaire.
« Ce partenariat, qui est une première mondiale dans le domaine ferroviaire, permettra la présence, dans nos trains voyageurs, de personnel de santé qualifié et d’équipements adaptés pour une prise en charge efficace des éventuelles situations d’urgence », a-t-il déclaré.

Du côté de la Croix-Rouge gabonaise, le Dr Véronique Tsakoura, présidente de l’institution, a insisté sur la nécessité de placer la protection de la vie humaine au centre des politiques de transport.
« Le train est le cœur battant de nos échanges nationaux. En sécurisant le trajet de milliers de compatriotes, la Setrag et la Croix-Rouge démontrent qu’il n’y a pas de performance durable sans une attention constante portée à la vie humaine », a-t-elle souligné.

Cette convention ne constitue pas une action isolée. Elle vient renforcer les moyens sanitaires déjà déployés par la Setrag le long du corridor ferroviaire. L’entreprise dispose notamment de dix infirmeries implantées à Owendo, Ntoum, Mbel, Ndjolé, Lopé, Booué, Lastourville, Lifouta, Moanda et Franceville. À cela s’ajoutent des partenariats avec plusieurs structures de santé situées à proximité de la voie ferrée.

En associant désormais les compétences de la Croix-Rouge à ses dispositifs existants, la Setrag entend rapprocher davantage les services de secours des voyageurs et améliorer la gestion des urgences médicales sur l’ensemble du parcours.
Au-delà de la signature d’une convention, le défi sera désormais celui de sa mise en œuvre effective et de la régularité du dispositif à bord des trains.

Car, sur le Transgabonais, la sécurité des voyageurs ne se mesure pas uniquement à la qualité des infrastructures ou à la ponctualité des convois. Elle se joue aussi dans la capacité à protéger et à secourir chaque passager, tout au long du voyage.





Assistant Edu Gabon