Patrice Anato, député LREM, Seine-Saint-Denis, et Pierre-Samuel Guedj, président d’Affectio Mutandi & d’Africa Mutandi. (Crédits : LTA)
Comment l’Afrique surmontera la crise sanitaire qui soulève tant de fortes inquiétudes quant à ses conséquences économiques et sociales sur le continent, alors que, plus que jamais, les États doivent dédier leurs ressources à des systèmes de santé souffrant d’une grande précarité ?
Le gel économique lié aux mesures de distanciation sociale a divisé par trois les prévisions de croissance, avec une accentuation de la précarité dans l’économie informelle. Rappelons qu’en Afrique Subsaharienne les 2/3 des habitants vivent avec moins de 3 dollars par jour et dépendent du travail journalier. La montée de la colère sociale associée aux injustices structurelles et à une certaine incompréhension de la société civile face aux mesures prises, comme au Nigeria, Burkina Faso, Gabon…, peut faire craindre que les instabilités politiques et menaces contre la paix deviennent des catalyseurs…
Pour autant, il ne faut pas sous-estimer la capacité de résilience du continent, qui, l’affirme Jean-Luc Konan (PDG de Cofina), « est dans l’ADN du secteur informel africain ».  Les initiatives d’entreprises, nationales, européennes et internationales, des ONG, et l’aide des économies développées ne sont-elles pas aussi l’occasion pour les pays africains de révéler encore davantage la capacité de mutation du continent ?
Cette tragédie ne peut-elle être un accélérateur de transition effective vers le numérique, qui non seulement joue un rôle majeur dans la lutte contre l’épidémie, mais offre des leviers de transformation à saisir ?
Les élites africaines ont l’opportunité de repenser le futur en construisant un environnement économique où les jeunes instruits peuvent trouver des emplois décents et bien rémunérés, à travers le développement des industries connectées et des formations appropriées. En ciblant la création d’emplois dans des domaines qui ont un potentiel de rendement à long terme tel que le secteur de la technologie et du numérique, et en faisant de l’innovation un moteur de développement viable et durable, ils peuvent bâtir les conditions économiques et sociales propices à une prospérité future.
Les savoirs faire, les technologies et des solutions adaptées existent déjà. L’épidémie a confirmé le bouillonnement des volontés, des talents, des initiatives. Dans le contexte du Covid, ont ainsi émergé des plateformes collaboratives et participatives de localisation et cartographie extrêmement précises. La traçabilité offerte par la technologie Block Chain devient aussi un levier de renforcement de la transparence et de lutte contre la corruption dans certains pays à gouvernance perfectible. La digitalisation de l’administration, dont celle des autorités fiscales, ouvre de la même manière des perspectives de sortie de l’économie informelle. En améliorant le cadrage des transactions, elle permet un meilleur contrôle de la fiscalité, renforce la place et la marge de manœuvre de l’État.
Faire place à l’innovation dans toutes les industries c’est aussi permettre de transformer le travail et de créer de la valeur ajoutée avec les savoir-faire locaux. La multiplication des initiatives telles que les Fab-lab, AfriCup, Made In Africa, le projet Afrique Innovation, ou encore la plateforme ouverte d’innovations TIC sur l’agriculture en Afrique lancée le mois dernier, sont autant de nouvelles manières d’impliquer les parties prenantes et de relever le défi du local content.
L’atteinte des objectifs de développement durable est aussi au centre des enjeux. Le moment est opportun pour accélérer l’industrialisation du continent, développer le marché de l’énergie verte et stimuler le commerce intra-africain. En changeant de priorités et de paradigme, l’Afrique peut se servir du cadre offert par les ODD pour faciliter la concrétisation de sa transition. Les investisseurs engagés auront à étudier cela.
La dynamisation de l’écosystème numérique et des nouvelles technologies est propice au développement des énergies renouvelables, véritable levier de dépendance énergétique et de développement économique durable. L’appropriation des ODD, à tous les niveaux de la société, a le potentiel de contribuer à l’émergence d’écosystèmes locaux solides, sur la base de partenariats public-privé inclusifs. La signature de la déclaration conjointe de la CEEAC et de l’UNESCO le 4 mai va dans ce sens, renforçant les possibilités d’atteindre les cibles de l’Afrique pour l’ODD 4 à l’horizon 2030. Les investissements en faveur du climat deviennent ainsi un vecteur privilégié de sortie de crise.
Pour y parvenir, il s’agira notamment d’investir dans les technologies et infrastructures inclusives, durables et à impact, propices à l’autonomisation de l’économie africaine ; de développer une économie de résilience qui réduise les risques permanents de dépendance aux matières premières ; de faire avancer la dynamique de la mine responsable et inclusive, à impact social et environnemental positif, déjà engagée ; d’encourager et accompagner ces démarches de progrès à travers un soutien à tous les niveaux, tant financier que politique.
Souhaitons que cet électrochoc soit pour ce continent si résilient une opportunité d’accélération et de transformation vers un développement humain en ligne avec les ODD. S/T.A



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