Les recommandations du Dialogue national inclusif (DNI), organisé sous la houlette du CTRI, du 2 au 30 avril dernier, continuent de charrier leur lot de la parlote de la part des politiciens. C’est de bonne guerre que, des Gabonais qui attendent un nouveau Gabon, au terme de cette transition en cours, trouvent leur compte dans les propositions du DNI. Voire, apportent leur analyse et donnent leur avis sur la question, notamment, celle relative à la suspension des partis politiques. D’où, la conférence de presse conjointe, animée ce jeudi 13 juin, par le Parti Gabonais du Progrès (PGP) et le Rassemblement pour le Gabon (RPG).
Benoît Mouity Nzamba (PGP) et Laurent Angue Mezui (RPG), ont donc décidé de se prononcer sur l’issue du DNI. Comme pour leurs devanciers qui ont critiqué certaines recommandations, en l’occurrence, celles relatives à la suspension des partis politiques et à la réécriture de la loi électorale, ramenant le pays à des années lumières de la pratique démocratique, le PGP et le RPG, ont donné leur position commune sur les aspérités qui plombent la partie politique du DNI, qu’ils ont nommées « antidémocratiques, impopulaires et ambigües », entre autres : « la suspension des partis politiques légalement reconnus ; le durcissement des conditions de création d’une formation politique ; la rétrocession de l’organisation et de la gestion des élections au Ministère de l’Intérieur. (…) ».
Sur ces entrefaites, Benoît Mouity Nzamba et Laurent Angue Mezui, ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour fustiger ce recul démocratique retenu, en ces termes : « Fort de ce qui précède, le Parti Gabonais du Progrès (P.G.P.) et le Rassemblement Pour le Gabon (R.P.G.), tous deux partis politiques historique avant-gardistes, s’unissent non seulement pour dénoncer les propositions relatives au musellement des partis politiques mais aussi l’incongruité de la rétrocession de l’organisation et de la gestion des élections au Ministère de l’Intérieur ». Mieux : « Ces deux formations politiques rappellent que les dispositions des articles 6 de la Constitution de la République et de la charte de la Transition disposent que : « les partis politiques et les groupements des partis politiques légalement reconnus, animent le débat politique et concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leurs activités librement, dans le cadre fixé par la loi selon les principes de la démocratie pluraliste… ».
Pour les conférenciers, on ne peut pas avoir sacrifié son temps, sué sang et eau, quand d’autres trouvaient la mort, pour la mise en place d’un Gabon démocratique, et tout d’un coup, au moyen du « coup de libération », et surtout du DNI, que l’on retombe dans un ordre ancien, celui a-démocratique.
Benoît-Joseph Mouity Nzamba et Laurent Angue Mezui, très en verve ont attiré l’attention des saboteurs de la démocratie qui ont pondu ces résolutions contenues dans le rapport général du DNI. « (…). Nous rappelons à toutes fins utiles que ce sont les partis politiques qui ont été les précurseurs de la Transition politique et pacifique au Gabon. Et dès les premières heures du coup de libération, ils ont soutenu l’avènement de la Transition dirigé par les Militaires », ont-ils martelé.
Mieux encore, les conférenciers insistent « que les partis politiques n’ont rien fait, il convient d’informer l’opinion nationale et internationale, qu’au lendemain du coup d’état le Président de la Transition, au cours des échanges avec la classe politique, a sollicité l’accompagnement des acteurs politiques. A cet effet, le CND a organisé une session plénière au cours de laquelle plusieurs projets de textes ont été élaborés et transmis au gouvernement et aux autres institutions de la République, notamment : le projet de Constitution ; le projet de loi sur le code électoral ; le projet de loi organique sur le Conseil Supérieur de la magistrature ; le projet de loi organique sur la cour suprême ; le projet de loi organique sur la réorganisation du CND ; le projet de loi sur la répartition des sièges électoraux ; les éléments sur la compréhension des régimes politiques ».
Pis, ont encore avancé Mouity Nzamba et Angue Mezui : « Ce sont également les mêmes partis politiques qui ont contribué à la levée des sanctions qui pesaient sur le Gabon à la suite du coup d’Etat dit « de la Libération ». Et à l’attention du président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, Mouity Nzamba et Angue Mezui, ont lancé : « C’est pour dire qu’envisager d’entraver l’existence ou l’activité des partis politiques consacrée et encadrée par des lois en vigueur, au moyen de la ruse, de la manipulation ou des intimidations est inacceptable et procède de la provocation gratuite. Le P.G.P. et le R.P.G. déclarent que toutes ces manœuvres en gestation sont des signes avant-coureurs des atteintes aux libertés acquises de haute lutte… ».
Kevin-aymard Lelengui




