Il n’y a pas longtemps, le président du Parti social-démocrate congolais (PSDC), Clément Miérassa, a accusé le premier secrétaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) et chef de file de l’opposition congolaise, Pascal Tsaty Mabiala, d’être un « faux opposant » qui ne ferait que « la volonté du pouvoir ». De son côté, le chef de file de l’opposition rejette ces accusations.

Pascal Tsaty Mabiala n’a pas mâché ses mots pour réfuter en bloc les accusations de Clément Miérassa à son encontre. Le premier secrétaire de l’UPADS a réagi le 22 avril lors d’une conférence de presse organisée à Brazzaville. Il a toutefois exhorté ses collègues de l’opposition à faire preuve de plus de responsabilité et à ne pas se laisser distraire par des invectives.

Le ton était ferme, lorsque Pascal Tsaty Mabiala a qualifié Clément Miérassa de « Jupiter, incapable d’affronter le suffrage universel, même au niveau national, et qui devient le champion pour distribuer les bons points entre les vrais et faux opposants. »

« Ce monsieur veut se prendre pour Jupiter, alors qu’il est incapable d’affronter le suffrage universel, même au niveau national. Pourtant, il se fait le champion pour distribuer les bons points entre les vrais et faux opposants, selon un critère qui lui est propre », a déclaré Pascal Tsaty Mabiala.

Selon le chef de file de l’opposition, toutes les accusations portées contre lui par le président du PSDC sont une stratégie de dénigrement visant à affaiblir sa personne et son parti, l’UPADS. « Lors d’une conférence de presse récente, Clément Miérassa s’est permis de critiquer certains partis politiques, notamment le PRL et l’UPADS. Or, le président du PSDC n’est ni l’unité de mesure ni le baromètre de la vie politique au Congo pour attribuer la qualité d’opposant à qui il veut », a-t-il souligné.

Pour répondre à la qualification de «chef de l’opposition nommé par le pouvoir », le premier secrétaire de l’UPADS a fait référence à la Constitution. Il a rappelé que son statut est consacré par la Constitution du 25 octobre 2015, en son article 63, qui dispose que l’opposition politique est reconnue en République du Congo. Elle ne peut subir de limites quant à son existence et à ses activités démocratiques, que celles imposées par tous les partis politiques.

Pascal Tsaty Mabiala a ajouté qu’aux termes de l’article 11 de la loi n°28-2017 du 7 juillet 2017, le chef de l’opposition politique est le premier responsable du parti de l’opposition ayant obtenu le plus grand nombre d’élus à l’Assemblée nationale, après le parti ou groupement politique de la majorité présidentielle. C’est le cas des élections de 2022, dont le mandat est en cours.

Pascal Tsaty Mabiala a exprimé sa conscience des enjeux politiques à venir. Selon lui, pour renverser la vapeur, l’opposition doit faire preuve de solidarité. Il a donc invité toutes les formations politiques de l’opposition à se renforcer et à mener ensemble le combat pour l’alternance politique. En dépit des divergences entre les dirigeants de l’opposition, le leader de l’UPADS considère qu’il est « impératif pour les opposants de notre pays de se rassembler et de surmonter leurs égos». Selon lui, « l’espoir d’une alternance, encore possible, passe nécessairement par un grand rassemblement des forces de l’opposition, partageant un idéal commun et les valeurs de tolérance, de patriotisme, de compromis, et s’éloignant de la radicalité. Unité, oui ; unanimisme, non ! »

Joséphine Lekonga à Brazzaville



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