Un audit accablant soulève de lourdes irrégularités dans le recrutement des futurs cadres supérieurs de la Banque centrale des États d’Afrique centrale.

C’était censé être un modèle de transparence, d’excellence, de sélection fondée sur le mérite. Le concours 2022 pour le recrutement de 45 Agents d’Encadrement Supérieur (AES) à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) vire au cauchemar institutionnel. Deux ans après les épreuves, un audit accablant mené par RSM France remet radicalement en cause la légitimité de l’ensemble du processus. À la clé : des accusations de favoritisme, de non-respect des procédures, et une gestion brouillonne qui menacent d’éroder encore un peu plus la confiance envers l’une des plus importantes institutions financières de la sous-région.

Une procédure bâclée, un cabinet imposé
Première anomalie pointée par l’audit : la sélection du cabinet chargé d’organiser le concours. AFRICSEARCH, prestataire finalement retenu, aurait été désigné dans des conditions loin d’être claires. Absence de réelle mise en concurrence, seulement deux offres reçues, et surtout une notation jugée biaisée, écartant injustement le concurrent APAVE, pourtant jugé plus expérimenté dans l’évaluation de profils techniques.

Des CV non signés, parfois recyclés ou incohérents, des critères d’évaluation flous, des appréciations jugées «manifestement subjectives » : l’audit ne mâche pas ses mots. Le processus de sélection du cabinet organisateur semble avoir été vicié dès le départ.

Des résultats contestés, des candidats inéligibles
Le plus troublant demeure la sélection finale des lauréats. Sur les 66 candidats finalement admis – soit 21 de plus que les 45 postes initialement prévus – 13 % ne remplissaient pas les critères d’éligibilité. Le comité de sélection aurait, selon le rapport, réaffecté certains profils à d’autres postes sans justification formelle. Aucune trace écrite claire des décisions prises, aucune grille d’évaluation partagée. Résultat : l’impossibilité d’affirmer que les meilleurs profils ont été retenus.

Cette absence totale de traçabilité jette une ombre sérieuse sur l’intégrité du concours. L’idée d’un recrutement fondé sur le mérite semble s’être effondrée sous le poids d’un système opaque et arbitraire.

Des épreuves sous tension et une logistique défaillante
Sur le terrain, les épreuves se sont déroulées dans des conditions inégales. Retards, manque de matériel, disparités entre les centres d’examen : l’égalité de traitement entre candidats n’a pas été respectée, affirme le rapport. Ce constat constitue un manquement grave au principe d’équité, socle de tout concours digne de ce nom.

Des voix dissonantes dans l’institution
Selon plusieurs sources internes, deux hauts responsables de la BEAC ont tenté de tirer la sonnette d’alarme bien avant la publication de l’audit. L’ancien directeur général de l’exploitation (DGE) ainsi que l’actuel directeur général du contrôle général auraient refusé de valider le processus au vu des nombreuses irrégularités constatées. Leurs alertes, longtemps ignorées, apparaissent aujourd’hui comme prophétiques.

Vers une annulation du concours ?
Face à la gravité des conclusions de l’audit, la pression monte. De nombreux candidats recalés envisagent des actions en justice. Des voix s’élèvent au sein de la société civile et du monde universitaire pour exiger l’annulation pure et simple du concours et des sanctions contre les responsables de ce fiasco.

Il est également demandé que toute la chaîne opérationnelle impliquée dans l’organisation du concours réponde de ses actes, et que des réformes structurelles soient engagées pour garantir l’indépendance, la transparence et l’équité des prochains recrutements.

La BEAC face à un défi de légitimité
Au-delà du cas particulier du concours AES, c’est la crédibilité même de la BEAC qui vacille. Institution clé dans la stabilité monétaire et financière de la région CEMAC, elle ne peut se permettre de perdre la confiance des élites montantes et des citoyens.

Ce scandale, s’il est pleinement assumé, pourrait être l’occasion d’un sursaut, d’un électrochoc salvateur pour réformer en profondeur les pratiques de gouvernance au sein des institutions panafricaines. En attendant, le doute persiste, et les regards sont désormais tournés vers le comité ministériel de l’UMAC seul organe habilité à décider de l’avenir de ce concours entaché d’irrégularités.

Affaire à suivre…



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