Placée sous le thème « Musique et enjeux économiques en Afrique à l’ère du numérique », la 12ème édition du festival panafricain de musique (FESPAM), a été lancée le 19 juillet dernier au palais des congrès de Brazzaville, au cours d’une cérémonie solennelle, patronnée par le Chef de l’Etat congolais, Denis Sassou-N’Guesso.
« Je déclare ouverte la douzième édition du Festival panafricain de musique. Que la fête soit belle ! », a déclaré le Chef de l’Etat, au lancement de cette édition du FESPAM qui se tient jusqu’au 26 juillet prochain, dans un format réduit, en raison de la conjoncture économico-financière difficile que connait le Congo.
Ainsi, durant huit jours, artistes, producteurs et managers venus de 14 pays africains et de la diaspora, prennent part à ce grand rendez-vous culturel panafricain, au cours duquel, ils vont croiser leur regard à travers les prestations artistiques, l’exposition d’instruments traditionnels de musique africaine et surtout le symposium pour tracer ensemble les contours, d’un avenir où la musique africaine sera valorisée à sa juste mesure.
Outre les spectacles musicaux grands publics, la 12ème édition du FESPAM connaitra l’organisation d’autres évènements culturels parallèles. Au Nombre de ceux-ci, il y’a l’exposition d’instruments traditionnels de musique par l’entremise du Musée Panafricain de la Musique ; la projection d’un film en hommage aux figures féminines de la rumba congolaise ainsi que l’organisation du Marché de la Musique Africaine (MUSAF), qui s’articule autour de l’exposition- vente de supports phonographiques, vidéographiques et d’instruments de musique, autour des ateliers, des rencontres professionnelles sur l’industrie culturelle et musicale.
A cela, s’ajoute le symposium scientifique qui joue un rôle crucial dans la production de connaissances et la formulation des recommandations pour le développement de l’industrie musicale africaine. Pour l’édition 2025, le thème «Musique et enjeux économiques en Afrique à l’ère du numérique », sera examiné sous différents angles, incluant l’impact des nouvelles technologies sur la création et la diffusion musicales, les défis de la monétisation à l’ère du streaming et la préservation du patrimoine musical face à la digitalisation.
Dans son message de circonstance, la directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay a salué la valeur culturelle des deux Congo à travers la Roumba et surtout le FESPAM qui ne cesse de valoriser le rythme musical africain dans le monde.
« Cette rumba qui est présente à la fois dans les grands airs qui ont marqué l’histoire du continent, les indépendances, la liberté, mais cette rumba que l’on retrouve aussi chez tous les artistes d’aujourd’hui, qui l’incorpore au succès qui font danser le monde », a indiqué la directrice générale de l’UNESCO, qui a par ailleurs, réitéré la ferme volonté de son institution à soutenir la promotion de la musique africaine à travers le FESPAM.
« L’UNESCO est fière d’être aux côtés du FESPAM depuis ses débuts, une contribution qui fait écho aux nombreuses inscriptions musicales africaines sur la liste du patrimoine immatériel. Nous sommes heureux de soutenir la vitalité des musiques africaines dans leur dialogue aussi avec d’autres traditions, à l’image du jazz et de cette belle journée internationale du jazz que nous célébrons tous les ans etc… », a poursuivi Mme Azoulay.
Pour sa part, la ministre congolaise de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des loisirs, Lydie Pongo, a relevé que le FESPAM incarne l’énergie, le partage, l’avenir et la solidarité africaine.
« Depuis 30 ans. Il incarne un rêve africain, celui d’un continent qui chante ses mémoires, pense son avenir et tisse ses solidarités. Aujourd’hui, le Festival panafricain de musique revient à Brazzaville, capitale du rythme, de l’hospitalité et de la résistance culturelle. Il revient avec ses voix, ses couleurs, ses scènes et ses idées, mais il revient surtout avec cette capacité unique qu’a la culture de faire respirer un peuple », a laissé entendre Mme Pongo.
Pour Lydie Pongo, la tenue de la douzième édition qui dépasse largement le cadre d’un simple événement, est une réponse de beauté, d’énergie, de pensée et de partage. « Le FESPAM 2025, il s’agit d’un festival, mais aussi d’un chantier. Un chantier de professionnalisation, de valorisation du patrimonial et de coopération », a-t-elle soutenu à cette occasion.
Intervenant à son tour, le commissaire général du FESPAM, Gervais Hugues Onday, a de son coté, souhaité que le FESPAM soit davantage accompagné, structuré et valorisé pour mieux assurer la promotion de la musique sur le continent.
« Il est donc nécessaire que cette dynamique soit accompagnée, structurée et valorisée. Notre responsabilité à travers le FESPAM est de créer un espace où les talents peuvent s’exprimer, s’organiser et se professionnaliser sur les nouveaux modèles de création, de production et de diffusion adaptés à nos réalités africaines », a-t-il plaidé.
Pour le Commissaire général du FESPAM, la musique est plus que jamais un vecteur d’identité, mais aussi une source économique, un levier de développement, un outil d’influence. Effectivement, grâce au numérique, nos musiques traversent les frontières, nos rythmes inspirent le monde et nos talents génèrent des emplois et des richesses.

Créé en 1996, date de sa première édition, le FESPAM est une grande manifestation culturelle et scientifique dédiée à la célébration et à la promotion de la richesse musicale de l’Afrique et de sa diaspora. Il est organisé tous les deux ans par le gouvernement congolais sous l’égide de l’union africaine, et contribue à assurer le rayonnement musical de l’Afrique et participe à l’intégration africaine par le brassage des peuples et de leurs cultures à travers la musique tout en assurant la préservation et la promotion de l’identité africaine.
Francis Leparrain.





