Le 25 juillet dernier, le Révérend Georges Bruno Ngoussi, 4ᵉ Vice-Président du Sénat de la Transition, a lancé un vibrant appel à l’action face à la situation dramatique que vivent les habitants du tronçon Koulamoutou-Pana, privé d’électricité depuis près de dix mois.

Une indignation à la hauteur de l’urgence

Dans une déclaration publique rendue à Libreville, le sénateur s’est dit « indigné » par l’inertie prolongée des services compétents, malgré de nombreuses correspondances adressées aux autorités. « Cette situation est une atteinte à la dignité citoyenne », a-t-il dénoncé, soulignant les conséquences désastreuses pour les populations locales. Sans accès à l’électricité, les habitants sont coupés des services essentiels : communication, information, éducation, soins, recharge de téléphones… Autant d’actes du quotidien devenus quasi impossibles.

Un isolement qui freine le développement

Le sénateur Ngoussi a mis en lumière un paradoxe : malgré une route encore praticable, les infrastructures électriques restent hors service. Pour lui, la passivité de l’administration freine lourdement le développement local. Il appelle à une mobilisation immédiate des ministères de l’Énergie, des Travaux Publics et des Eaux et Forêts, ainsi que des services déconcentrés tels que la Subdivision des Travaux Publics de Koulamoutou. Il recommande également la collaboration de la société forestière de Lemengué afin de libérer l’accès aux pylônes endommagés, actuellement obstrués par des arbres.

L’électricité, un droit, pas un privilège

« L’électricité n’est pas un luxe. C’est un droit fondamental », a martelé le parlementaire, dénonçant ce qu’il qualifie de « relégation » des zones rurales, souvent oubliées dans les politiques d’aménagement du territoire. Les habitants du département de la Lombo-Bouenguidi sont aujourd’hui contraints de parcourir de longues distances pour recharger leurs téléphones ou accéder à un minimum de connectivité, une situation jugée inacceptable au XXIᵉ siècle.

Des menaces d’escalade institutionnelle

Devant l’absence de réponse des autorités, le sénateur n’exclut pas de porter l’affaire devant les plus hautes instances de la République. Il envisage également de sensibiliser l’opinion nationale, voire internationale. « Nul ne dira qu’il ne savait », a-t-il averti, déterminé à user de toutes les voies institutionnelles et médiatiques à sa disposition pour faire entendre la voix des citoyens de Lombo-Bouenguidi.

Un double visage du Gabon

Ce contraste entre l’élan diplomatique à Libreville et la détresse énergétique en province illustre un défi majeur pour la transition gabonaise : concilier ouverture internationale et équité territoriale. À l’heure où le pays aspire à un développement inclusif et durable, le cas de Koulamoutou-Pana rappelle que les priorités locales doivent impérativement rester au cœur de l’agenda national.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Le peuple de Lombo-Bouenguidi, par la voix de son représentant, attend plus que des promesses : il exige des actes.