À mesure que les jours passent, l’école se vide et l’inquiétude grandit. La poursuite de la grève des enseignants, malgré la signature d’un protocole d’accord avec les autorités, place l’éducation nationale au bord d’une impasse aux conséquences durables. Dans ce bras de fer prolongé, une question s’impose : jusqu’où peut-on aller sans sacrifier l’avenir de nos enfants ?

Nul ne conteste la légitimité des revendications portées par le mouvement S.O.S Éducation « La Base ». Les enseignants ont raison d’exiger la régularisation de leurs situations administratives, le paiement des rappels de solde et de meilleures conditions de travail. Ces demandes sont justes, anciennes et trop souvent repoussées. Mais la forme actuelle du combat interroge, tant ses effets collatéraux sont lourds pour les élèves.

Chaque journée sans cours est une fracture supplémentaire dans le parcours scolaire de milliers d’enfants. Ce sont eux, et non les décideurs, qui subissent de plein fouet les conséquences de ce conflit social. L’école, censée être un refuge et un levier d’égalité, se transforme en victime silencieuse d’un dialogue rompu.

À ce stade, la crise dépasse la seule relation entre l’État et les enseignants. Elle devient une affaire nationale, engageant la responsabilité morale de tous les acteurs du système éducatif.

Il est temps d’appeler à une trêve sociale. Non pas comme un renoncement, mais comme un acte de grandeur. Les enseignants, piliers de la République et bâtisseurs de consciences, sont aussi porteurs d’une mission qui dépasse les revendications corporatistes. Reprendre le chemin des classes, même provisoirement, serait un sursaut d’orgueil professionnel, un signal fort envoyé à la nation : celui de placer l’enfant au-dessus de tout.

Cette reprise n’effacerait pas les promesses non tenues, mais elle redonnerait du sens au combat, en rappelant que l’éducation ne peut être utilisée comme ultime moyen de pression sans en payer le prix humain.

Cet appel aux enseignants ne saurait exonérer l’État de ses responsabilités. Le gouvernement doit, sans délai, transformer les engagements annoncés en actes visibles, mesurables et vérifiables. La confiance est à reconstruire, et elle ne se rétablira que par la vérité, la transparence et le respect de la parole donnée.

L’année scolaire est en sursis. Il reste peu de temps pour éviter un échec collectif. Parents, enseignants, autorités : chacun est désormais face à sa conscience.
La grève peut être un droit, mais l’éducation est un devoir sacré.

Pour l’avenir de nos enfants, le temps est venu d’un sursaut, d’une pause dans le conflit et d’un retour à l’essentiel : la salle de classe.





Assistant Edu Gabon