À observer avec un minimum de rigueur l’agitation actuelle autour de la Fédération Gabonaise de Football, une question s’impose avec insistance :
conteste-t-on une décision… ou tente-t-on simplement de maquiller une impréparation évidente ?

Car enfin, dans un État organisé et la FEGAFOOT en est une illustration sectorielle les règles ne sont ni décoratives, ni adaptables aux humeurs du moment. Elles s’imposent à tous, avec la même exigence.

Et c’est précisément là que certains ont visiblement raté l’échauffement… mais veulent quand même jouer le match.

Soyons sérieux un instant.

Des candidatures recalées pour dossiers incomplets se découvrent soudain une vocation de martyrs institutionnels. Voilà qui est audacieux. Mais à défaut d’être convaincant, cela a au moins le mérite de nous rappeler une constante bien connue : chez nous, l’erreur est souvent collective… sauf quand elle est personnelle.

Car enfin, lorsqu’on ambitionne de diriger une institution comme la FEGAFOOT, ne pas être capable de fournir :

des extraits de casier judiciaire,

des copies de pièces d’identité,

ou encore les parrainages requis,

ce n’est pas un détail administratif… c’est déjà un programme.
Un programme de légèreté.

Et dans un contexte où le football gabonais cherche à se restructurer, la légèreté n’est plus une option c’est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre.

Car la réalité est simple : la FEGAFOOT ne se dirige pas dans les réseaux sociaux, encore moins dans l’improvisation. Elle se dirige avec méthode, expérience et maîtrise des mécanismes institutionnels.

Et sur ce terrain, il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que Pierre Alain Mounguengui n’est pas un apprenti.

Son parcours, ses réseaux, sa connaissance fine des rouages du football tant au niveau national qu’international constituent aujourd’hui un avantage stratégique que même ses adversaires les plus bruyants reconnaissent… souvent en silence, dans cette fameuse discussion privée avec eux-mêmes où l’on ne peut pas tricher.

Pendant que certains découvrent encore le mode d’emploi, d’autres maîtrisent déjà la machine.

Et cela change tout.

Car derrière cette élection, il y a bien plus qu’un fauteuil à occuper. Il y a une responsabilité nationale.
Une responsabilité qui concerne l’ensemble des neuf provinces : de l’Estuaire au Woleu-Ntem, du Haut-Ogooué à la Nyanga, en passant par l’Ogooué-Maritime, la Ngounié, la Moyen-Ogooué, l’Ogooué-Ivindo et l’Ogooué-Lolo.

Dans chacune de ces provinces, ce sont :

des jeunes qui attendent des infrastructures, des compétitions structurées et de véritables perspectives,

des femmes engagées dans le sport qui réclament reconnaissance, accompagnement et équité,

des encadreurs, des clubs et des bénévoles qui espèrent enfin sortir de la gestion approximative.

Et face à ces attentes concrètes, il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions.
Il faut de la crédibilité.

Le changement, dont certains se réclament avec une certaine facilité, ne commence pas dans la contestation. Il commence dans le respect strict des règles. Dans la discipline. Dans la capacité à démontrer, par des actes simples, que l’on est apte à gérer des responsabilités complexes.

Vouloir diriger sans être capable de constituer un dossier conforme, c’est comme vouloir arbitrer un match sans connaître les règles du jeu. Le sifflet peut être là… mais l’autorité ne suit pas.

Et c’est peut-être là, au fond, que se situe le véritable problème.

Nous voulons des institutions fortes… mais nous tolérons encore des comportements faibles.
Nous parlons de professionnalisation… mais nous excusons l’improvisation.
Nous réclamons le changement… mais sans accepter la rigueur qu’il impose.

Dans ces conditions, la contestation devient moins un acte politique qu’un aveu involontaire.

Enfin, un mot pour ceux qui pensent que le temps joue contre Pierre Alain Mounguengui.

Il se dit qu’il envisagerait ce mandat comme le dernier.
Mais à voir le niveau de préparation de certains concurrents, une question mérite d’être posée avec un sourire, certes, mais un sourire lucide :

et si, au fond, ses adversaires étaient en train de prolonger eux-mêmes ce qu’ils prétendent vouloir interrompre ?

Comme quoi, dans notre environnement, il arrive parfois que l’opposition ne combatte pas le pouvoir…
elle le consolide.

Didier Oyono E.



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