Libreville, 25 avril 2026 — Convergence Afrique.

Sur l’esplanade du stade d’Angondjé, dans la commune d’Akanda, la foule ne s’y est pas trompée. Dès l’aube, des milliers d’habitants du Grand Libreville ont convergé vers le site du tout premier « Méga Marché » de la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG), attirés par une promesse devenue rare dans un contexte de pression sur le pouvoir d’achat : des prix sensiblement réduits sur les produits de première nécessité.

Sous l’impulsion du ministre de l’Économie, Thierry Minko, et en présence du ministre délégué Marc Abeghe, l’événement marque une étape concrète dans la stratégie gouvernementale de lutte contre la vie chère. Une stratégie portée au sommet de l’État par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Volaille, viande, riz, huile, conserves, produits laitiers ou encore articles d’hygiène : l’offre déployée couvre l’essentiel du panier de la ménagère. Mais c’est surtout l’écart de prix qui retient l’attention. Exemple emblématique : le sac de riz de 44 kg, proposé à 20 000 FCFA contre environ 25 000 FCFA sur le marché classique.

« Nous voulons démontrer que la centrale d’achat n’est pas une idée abstraite, mais une réalité tangible», a insisté Thierry Minko, arpentant les allées du marché au contact des consommateurs. Une déclaration qui traduit la volonté des autorités de crédibiliser une réforme encore récente, mais hautement symbolique.

Face à l’affluence, les organisateurs ont d’ailleurs prolongé l’opération au lendemain, signe d’un succès populaire immédiat.

Créée en 2025 et devenue opérationnelle en avril 2026, la Centrale d’Achat du Gabon ambitionne de transformer en profondeur les circuits d’approvisionnement. En intervenant à chaque maillon de l’importation au stockage, jusqu’à la distribution l’État cherche à réduire les coûts intermédiaires et à contenir les pratiques spéculatives.

Mais au-delà du coup d’éclat du méga marché, l’enjeu est désormais celui du déploiement. Le gouvernement prévoit la mise en place rapide d’un réseau de points de vente labellisés dans les quartiers du Grand Libreville, avec une promesse d’harmonisation des prix. À terme, le dispositif doit s’étendre aux grandes villes de l’intérieur du pays, afin d’éviter une fracture territoriale dans l’accès aux produits subventionnés.

Sur le terrain, la réception est sans ambiguïté. Les consommateurs saluent une initiative qui produit des effets immédiats sur leur quotidien. Dans un pays où la dépendance aux importations pèse lourdement sur les prix, toute baisse, même relative, est perçue comme un soulagement.

Reste néanmoins la question centrale : celle de la soutenabilité. Maintenir des prix bas implique une logistique efficace, des volumes suffisants et une gouvernance rigoureuse. Conscient de cet enjeu, l’exécutif annonce déjà un dispositif de contrôle renforcé, avec des équipes dédiées et des outils de vérification accessibles aux consommateurs, afin de garantir le respect du label « Centrale d’Achat ».

Plus qu’un simple marché ponctuel, l’initiative s’inscrit dans une dynamique politique plus large. Dans un contexte où les attentes sociales sont élevées, la capacité du gouvernement à stabiliser durablement les prix constituera un indicateur clé de crédibilité.

Le succès du lancement du méga marché d’Angondjé offre un premier signal positif. Mais c’est dans la durée et dans l’ensemble du territoire que se jouera véritablement le pari de la Centrale d’Achat.

Joy Kengue



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