La FIFA et la CAF ont choisi la prudence, mais aussi la fermeté. Dans un communiqué conjoint transmis à la FEGAFOOT, les deux instances ont confirmé le maintien en fonction de l’actuel Comité exécutif dirigé par Pierre-Alain Mounguengui jusqu’à l’organisation de la prochaine Assemblée générale élective, prévue au plus tard le 31 décembre 2026.
Cette décision met temporairement fin aux spéculations sur une éventuelle mise sous tutelle immédiate du football gabonais. Mais derrière cette apparente stabilité institutionnelle, la pression exercée par les deux organisations internationales reste particulièrement forte.
Le maintien de Pierre-Alain Mounguengui à la tête de la Fédération ne constitue pas un blanc-seing. Dans leur communication, la FIFA et la CAF précisent qu’elles “poursuivront leur évaluation de la situation” avant de se prononcer définitivement sur le processus électoral à venir.
Une formulation diplomatique qui laisse entendre que toutes les options demeurent ouvertes, y compris celle d’un éventuel comité de normalisation en cas de blocage institutionnel ou de crise de gouvernance.
Depuis plusieurs mois, la FEGAFOOT évolue dans un climat marqué par des tensions internes, des contestations autour de la légitimité de certaines structures fédérales et des interrogations sur la conformité administrative de plusieurs membres statutaires.
La mission conjointe menée récemment à Libreville visait précisément à éviter une escalade susceptible de fragiliser davantage le football gabonais.
Au-delà de la question électorale, le principal chantier concerne désormais la mise en conformité administrative de la Fédération et de ses organes affiliés.
La FIFA et la CAF exigent des autorités gabonaises que l’ensemble des procédures d’enregistrement et d’agrément soit finalisé avant fin octobre 2026. Une échéance jugée cruciale pour sécuriser juridiquement le fonctionnement de la FEGAFOOT et prévenir tout conflit futur avec l’État gabonais.
Pour accélérer le processus, les ministères gabonais des Sports et de l’Intérieur ont mis en place un guichet unique chargé de centraliser le traitement des dossiers administratifs.
Une initiative saluée par les deux instances internationales, conscientes que les lenteurs bureaucratiques et les rivalités institutionnelles ont longtemps paralysé le dossier.
Malgré le ton conciliant adopté dans leur communiqué, la FIFA et la CAF envoient un signal clair : le temps des reports et des arrangements provisoires touche à sa fin.
Car les enjeux dépassent largement la seule gouvernance fédérale. Une suspension de la FEGAFOOT exposerait le Gabon à des conséquences sportives et financières majeures : exclusion des compétitions internationales, gel des programmes de financement FIFA Forward et fragilisation des clubs comme des sélections nationales.
Dans les coulisses du football gabonais, beaucoup voient dans cette séquence une dernière chance accordée aux dirigeants actuels.
D’ici octobre pour la régularisation administrative, puis décembre pour l’élection fédérale, la FEGAFOOT jouera une partie décisive pour son avenir institutionnel. Et pour Pierre-Alain Mounguengui, maintenu mais étroitement observé, les prochains mois pourraient bien déterminer l’héritage qu’il laissera au football gabonais.
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