Le paysage du football africain est en pleine mutation, et la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) vient d’en livrer une illustration frappante. Au terme d’un processus électoral scruté de près, Véron Mosengo-Omba émerge comme l’unique candidat retenu pour présider aux destinées du football congolais.
Sur les neuf candidatures initialement déposées à la commission électorale, le tamis électoral a été implacable, avec, trois désistements volontaires et cinq invalidations, pour non-conformité. Ce scénario, bien que perçu par certains comme un rétrécissement de l’espace démocratique, est en réalité la victoire du respect scrupuleux des textes.
La situation de la FECOFA n’est pas isolée. Elle fait écho à des dynamiques similaires observées récemment dans d’autres bastions du football africain.
Au Gabon (FEGAFOOT)
Pierre Alain Mounguengui a également vu sa candidature être la seule validée, portée par un bilan et une conformité juridique inattaquable.
Au Sénégal (FSF)
Augustin Senghor bénéficie d’un consensus fort, souvent traduit par une candidature unique, garantissant une stabilité institutionnelle rare.
Que ce soit au Gabon, au Congo ou au Mali, ces candidatures uniques ne sont pas le fruit d’un autoritarisme comme d’aucun le pensent, mais l’aboutissement d’un processus de sélection naturelle basé sur la légalité.
La candidature unique, un gage de stabilité, pas un déni de démocratie contrairement aux idées reçues, la démocratie ne se mesure pas au nombre de bulletins dans l’urne, mais à la rigueur du processus qui mène au vote. Voici pourquoi ces candidatures uniques renforcent l’institution au lieu de l’affaiblir.
En effet, on note entre autres, le respect des statuts. Sur cette question, les commissions électorales indépendantes n’inventent pas les règles ; elles appliquent les statuts et règlements intérieurs votés par les membres eux-mêmes.
L’Excellence Administrative, par une candidature unique validée, signifie que le candidat a su monter un dossier techniquement parfait, répondant à tous les critères d’éligibilité à savoir (intégrité, expérience, parrainages).
Dans des contextes de transition, le respect strict des critères permet d’éviter l’infiltration de profils opportunistes qui pourraient mener la fédération vers des sanctions de la FIFA.
La démocratie dans le sport est une «démocratie de règles ». Si dix coureurs prennent le départ d’un 100 mètres mais que neuf font un faux départ, le seul qui reste en piste ne vole pas sa victoire : il est le seul à avoir respecté le règlement.
Aux voix qui s’élèvent pour crier à l’exclusion, il est essentiel de rappeler un principe fondamental du droit la loi est dure, mais c’est la loi.
Les candidatures invalidées ne l’ont pas été par pur plaisir d’exclusion, mais par manquement aux procédures c’est-à-dire (dossiers incomplets, défaut de parrainages valides, non-respect des délais). Critiquer l’issue du processus sans remettre en question la légèreté de la préparation des dossiers invalidés relève de la mauvaise foi.
Le football moderne exige des dirigeants qu’ils soient des gestionnaires rigoureux. Si un candidat n’est pas capable de respecter les statuts de sa propre fédération lors d’un dépôt de candidature, comment pourrait-il gérer les règlements complexes de la CAF ou de la FIFA une fois élu ?
En définitive, le sacre annoncé de Véron Mosengo-Omba à la FECOFA, à l’instar de ses pairs au Gabon ou au Sénégal, doit être lu comme un signe de maturité administrative. C’est le passage d’un football de « combats de rue » à un football de « respect des institutions ».
Par Delphin Éric MBOUTSOU BELEPE
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