Au Gabon, la récente indisponibilité du système EDAN et les difficultés d’approvisionnement en électricité qui ont touché plusieurs localités du pays continuent de susciter interrogations et incompréhension. Si les causes exactes des perturbations restent à établir, les autorités considèrent déjà que les événements observés ces derniers jours dépassent le cadre d’un simple incident technique.

Car derrière les coupures, les impossibilités d’achat d’unités prépayées et les désagréments subis par les usagers, c’est toute la question de la continuité du service public qui se trouve posée. Des milliers de ménages ont été directement affectés, alimentant un sentiment de frustration dans un pays où l’accès régulier à l’eau et à l’électricité demeure l’une des principales préoccupations des populations.

Selon les premières constatations, les dysfonctionnements enregistrés présentent un caractère inhabituel. Une situation qui conduit les services compétents à approfondir leurs investigations afin de déterminer avec précision les circonstances ayant conduit à cette paralysie partielle du système.

Le calendrier de ces événements n’a échappé à personne. Les perturbations sont intervenues au lendemain du discours du président de la République devant le Parlement, un exercice au cours duquel le chef de l’État a dressé un état des lieux sans concession des difficultés auxquelles les Gabonais restent confrontés.

Loin de chercher à désigner des responsables, le président avait alors choisi de mettre en mots ce que vivent quotidiennement de nombreux citoyens : les insuffisances persistantes dans l’accès à l’eau potable et à l’électricité. Un constat largement partagé par l’opinion publique.

Pour l’exécutif, reconnaître ces difficultés relève d’une démarche de transparence. Car gouverner, soutient-on dans les cercles du pouvoir, implique d’abord de regarder la réalité en face avant d’engager les réformes nécessaires. Cette exigence de vérité ne saurait être interprétée comme une remise en cause des agents qui, souvent dans des conditions difficiles, assurent le fonctionnement des infrastructures du pays.

Dans ce contexte, les autorités rappellent qu’aucune considération particulière ne peut prévaloir sur l’intérêt général lorsqu’il s’agit de services essentiels. L’électricité, au même titre que l’eau, constitue une ressource stratégique dont dépend le fonctionnement de l’économie, des administrations, des entreprises mais aussi la vie quotidienne des ménages.

Dès lors, toute interruption inexpliquée d’un service public aussi vital appelle des explications et, le cas échéant, l’établissement des responsabilités. L’État estime qu’aucun usager ne devrait être pénalisé à la suite de comportements, d’agissements ou de décisions contraires à la mission première du service public.

Le principe est simple : les infrastructures nationales doivent demeurer à l’abri des intérêts particuliers et rester exclusivement au service des populations.

Depuis le 30 août 2023, les nouvelles autorités ont fait de la modernisation des infrastructures une priorité affichée. Dans le secteur énergétique, plusieurs programmes ont été lancés afin d’accroître les capacités de production, renforcer les réseaux et améliorer la qualité du service rendu aux usagers.

Ces investissements interviennent dans un contexte budgétaire contraint, marqué par des années de sous-financement et par l’ampleur des besoins accumulés. Pour le pouvoir, la transformation durable du secteur nécessite non seulement des ressources financières importantes, mais aussi une mobilisation sans faille de tous les acteurs concernés.

Car aucune réforme ne peut réussir sans un engagement collectif fondé sur la discipline, la responsabilité et le sens du service public.

Au-delà des débats techniques ou administratifs, l’épisode EDAN rappelle une réalité fondamentale : ce sont toujours les citoyens qui subissent les conséquences immédiates des dysfonctionnements. Chaque coupure, chaque panne, chaque interruption de service se traduit par des difficultés concrètes pour les familles, les commerçants, les élèves ou les entreprises.

C’est pourquoi les autorités insistent sur la nécessité de privilégier les solutions plutôt que les confrontations. Dans une période où les attentes sociales demeurent fortes, l’intérêt des Gabonais doit rester le principal critère d’action pour l’ensemble des intervenants du secteur.

En choisissant d’aborder publiquement les difficultés du pays, le président de la République a fait le pari de la vérité et de la transparence. Mais cette exigence appelle en retour un sens élevé des responsabilités. Car la réponse aux défis du secteur énergétique ne peut être ni le blocage, ni la rétention de service, ni la pénalisation des populations.

Les Gabonais attendent des résultats. Ils attendent des solutions. Et quelles que soient les tensions ou les divergences qui peuvent exister au sein des structures concernées, une conviction s’impose : les populations ne doivent jamais devenir les victimes collatérales des difficultés internes.

MABIMBA Joseph keurtys





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Assistant Edu Gabon