À l’approche de la visite d’État du président Brice Clotaire Oligui Nguema à Paris, certains députés français ont cru bon de remettre en scène un vieux réflexe que l’on pensait révolu : celui de distribuer des leçons de démocratie aux États africains depuis les bancs de l’Assemblée nationale française.

À travers une question écrite, ces élus semblent s’être autoproclamés procureurs du Gabon. Mais au nom de quel mandat international ? Qui leur a confié la mission d’évaluer la gouvernance d’un État souverain ? Certainement ni le droit international, ni les Nations unies, ni le peuple gabonais.
Le rôle d’un député français est de contrôler l’action du gouvernement français, de défendre les intérêts des citoyens français et de contribuer aux réponses aux difficultés de son pays. Il ne consiste pas à instruire des procès politiques contre des nations souveraines.
Cette posture est d’autant plus étonnante que la France traverse elle-même une période marquée par des défis majeurs : tensions sociales, pouvoir d’achat sous pression, dette publique, sécurité, immigration, crise de confiance envers les institutions. Voilà des sujets qui mériteraient toute l’attention des représentants de la Nation française.

Le plus paradoxal est que cette critique repose sur une lecture incomplète de la réalité gabonaise. Parler encore d’une « transition » alors que les institutions issues de cette période sont désormais installées traduit une méconnaissance manifeste du contexte. La séparation des pouvoirs, les procédures judiciaires, les réformes engagées dans le numérique, les mesures sociales ou encore la stratégie de transformation locale du manganèse sont autant d’éléments qui méritent une analyse sérieuse plutôt que des raccourcis politiques.
Le Gabon n’a jamais prétendu dicter à la France la manière de gérer ses manifestations, ses réformes des retraites, ses crises sociales ou ses difficultés économiques. Ce silence n’est pas de l’indifférence ; il relève du respect de la souveraineté des États, principe fondamental des relations internationales.

Cette tentation de certains responsables politiques occidentaux de s’ériger en juges de l’Afrique rappelle une époque que beaucoup souhaitent définitivement refermer. Pendant des années, une partie des institutions internationales, à commencer par la Cour pénale internationale, a été accusée de concentrer une part disproportionnée de son action sur les dirigeants africains, alimentant le sentiment d’une justice à géométrie variable. Ce débat a profondément marqué les relations entre l’Afrique et plusieurs institutions internationales. Les peuples africains aspirent aujourd’hui à des relations fondées sur le respect mutuel, l’égalité souveraine et le dialogue, non sur des postures perçues comme paternalistes.

L’Afrique du XXIᵉ siècle ne demande ni tuteurs ni procureurs. Elle demande des partenaires.

Le Gabon construit ses institutions, conduit ses réformes, assume ses choix et répond devant son peuple. C’est aux Gabonaises et aux Gabonais, et à eux seuls, qu’il appartient de juger leurs dirigeants par les voies prévues par leurs institutions.

À ceux qui persistent à regarder l’Afrique à travers le prisme d’un magistère moral hérité d’un autre siècle, un message s’impose : le temps où l’on parlait à la place des Africains est révolu.

Les relations entre la France et l’Afrique gagneront en solidité lorsque chacun acceptera une évidence simple : le respect de la souveraineté n’est pas une faveur, c’est un principe. Les procureurs autoproclamés n’ont jamais fait progresser la démocratie ; ils entretiennent surtout des incompréhensions qui n’ont plus leur place dans un partenariat d’égal à égal.

Il est temps de tourner la page des injonctions et des leçons unilatérales. L’Afrique n’a pas besoin qu’on lui dicte son avenir. Elle entend l’écrire elle-même.

MABIMBA Joseph, Ouvrier de la communication, Consultant International MCCA.



Ne révise plus seul ! Accède à une 𝐦𝐮𝐥𝐭𝐢𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐝'𝐞𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐲𝐧𝐭𝐡𝐞𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐏𝐡𝐲𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞-𝐂𝐡𝐢𝐦𝐢𝐞, 100% conformes au programme du Gabon. Bloqué sur un calcul ? 𝐇𝐲𝐬𝐨𝐩𝐞, ton Grand Frère IA, 𝐭𝐞 𝐠𝐮𝐢𝐝𝐞 𝐞𝐭𝐚𝐩𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐞𝐭𝐚𝐩𝐞 vers la solution de chaque question.
𝐡𝐭𝐭𝐩𝐬://𝐚𝐬𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭𝐞𝐝𝐮.𝐨𝐧𝐥𝐢𝐧𝐞