Au-delà de la réponse sécuritaire, experts, chercheurs et acteurs institutionnels appellent à une approche intégrée combinant prévention, inclusion sociale et gouvernance locale pour lutter durablement contre les violences urbaines.
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Le phénomène des Bangando, ces groupes de jeunes impliqués dans diverses formes de violences urbaines dans le Grand Libreville, ne saurait trouver une réponse uniquement dans la répression policière. C’est l’un des principaux enseignements de la table ronde scientifique organisée le 1er août 2026 à l’Université Omar Bongo par le Groupe d’Experts en Relations Internationales de l’Afrique Centrale (GERIAC).
Placée sous le thème « Au-delà de la répression : vers une approche intégrée de lutte contre le phénomène des Bangando dans le Grand Libreville », cette rencontre a réuni autour d’une même table des représentants du ministère de l’Intérieur, des universitaires, des chercheurs, des forces de défense et de sécurité, des chefs de quartier, des organisations de la société civile ainsi que plusieurs spécialistes nationaux et sous-régionaux.
Au fil des échanges, un consensus s’est dégagé : la lutte contre les violences urbaines exige une transformation profonde des méthodes d’intervention publique. Pour les participants, la réponse sécuritaire demeure nécessaire, mais elle doit être accompagnée d’une politique plus large intégrant les dimensions sociales, économiques et éducatives.
Les experts ont notamment insisté sur la nécessité de renforcer la prévention, la gouvernance locale, la cohésion sociale, l’éducation citoyenne et l’insertion socio-économique des jeunes, considérés comme des leviers essentiels pour réduire les facteurs favorisant la montée des phénomènes de violence.
Cette approche rejoint une tendance observée dans plusieurs pays africains où les politiques publiques de sécurité évoluent progressivement vers des stratégies combinant action des forces de l’ordre et programmes de développement communautaire.
La rencontre a également bénéficié d’un éclairage régional avec la participation du Directeur exécutif du think tank camerounais BESTRAT, spécialisé dans les questions de paix et de sécurité et partenaire de l’Institut d’Études de Sécurité (ISS) dans plusieurs initiatives de recherche en Afrique centrale.
Son intervention a permis d’élargir les discussions aux dynamiques régionales liées aux violences urbaines, en mettant en avant les expériences et les solutions innovantes développées dans d’autres contextes africains.
À l’issue des travaux, plusieurs documents stratégiques ont été adoptés par les participants. Parmi eux figurent un rapport général de la table ronde, des recommandations stratégiques et opérationnelles destinées aux décideurs publics, ainsi qu’une feuille de route visant à améliorer la coordination des acteurs engagés dans la prévention et la lutte contre les violences urbaines.
Ces conclusions constituent, selon le GERIAC, un véritable plaidoyer pour une nouvelle doctrine d’intervention, davantage axée sur l’anticipation, la proximité avec les communautés et la responsabilisation des différents acteurs sociaux.
En marge de cette rencontre scientifique, le GERIAC a également signé une convention de partenariat avec l’Organisation des Anciens Enfants de Troupes de Brazzaville résidant à l’étranger. Cette organisation, présente notamment aux États-Unis et en France, prévoit l’installation de son Bureau Afrique centrale au Gabon.
Cet accord ouvre la voie à de nouvelles collaborations dans les domaines de la recherche, de la formation, du renforcement des capacités, de la jeunesse, de la paix et de la sécurité.
Le GERIAC veut peser dans le débat stratégique. À travers cette initiative, le Groupe d’Experts en Relations Internationales de l’Afrique Centrale entend contribuer à la production d’une réflexion scientifique au service des politiques publiques.
Dans un contexte où les grandes villes africaines font face à des défis croissants liés à la jeunesse, à l’exclusion sociale et aux nouvelles formes de criminalité urbaine, le GERIAC défend une conviction : la sécurité durable ne peut être construite sans une réponse globale associant l’État, les communautés et les acteurs de la société civile.
Une orientation qui pourrait désormais nourrir les futures politiques publiques gabonaises en matière de prévention de la violence urbaine.






