C’est actuellement la position prise par le Gabon, malgré la pression, dans le contentieux juridico financier de 330 millions de dollars (près de 200 milliards de francs cfa) réclamés par Bosch Capital au sujet d’une créance qui remonterait sous l’ancien régime déchu.

Le Gabon a acquis des avions de chasse (Dassault Mirage de type F1-AZ) en exploitation par l’armée Sud-Africaine à travers Paramount Group.
Bosch Capital en rachetant, en juin 2025, les actifs et le passif du groupe hérite du dossier déjà soldé en partie par le Gabon.

Cette affaire qui revient au premier plan soulève, tout de même, des interrogations de la part des nouvelles autorités douze ans après les faits.
En matière de gestion des fonds publics, il ne s’agit pas seulement de payer dans le cadre de la continuité de l’État, il faut aussi comprendre, savoir et contrôler.
Dans quelles conditions l’engagement a-t-il été contracté ? Comment le montant a-t-il évolué pour atteindre cette somme ? Quelles prestations étaient prévues par le contrat initial ? Quel était le montant réel du contrat ? Qu’est ce qui a réellement été exécuté ? Quels paiements ont déjà réellement été exécutés par la partie gabonaise ? Comment le montant revendiqué a-t-il été calculé ? Dans quelle condition la créance a-t-elle été cédée par Paramount Group à Bosch Capital, et à quel prix ?
Autant de questions qui ont le mérite de relever d’une exigence de transparence et de rigueur.
Depuis le changement politique intervenu dans le pays, le Gabon est lancé dans le processus de vérification de la gestion des fonds publics par l’ancien régime.
L’enjeu aujourd’hui pour les nouvelles autorités gabonaises dépasse le simple contexte du contentieux commercial.

En effet, le conflit découle des contrats datant de 2006-2007 et 2014 liés à l’achat et à la maintenance de matériels militaires. Le Gabon dans sa prudence estime que la Cour de Justice de Londres où le contentieux avait été porté a déjà débouté Paramount en février 2026.

Marquées par le sceau de la transparence et de la rigueur dans la gestion des fonds publics, il est aussi prudent pour les autorités gabonaises d’identifier les responsables ou agents extérieurs ayant participé à la négociation du contrat initial, les intermédiaires impliqués, les conditions de financement, les prestations réellement exécutées et les bénéficiaires économiques successifs de la créance.

Pour de nombreux observateurs avisés, la continuité de l’État ne signifie pas renoncer à vérifier dans la forme et dans le fonds le régularité, l’exécution et l’exigibilité d’une dette contestée.

Le Gabon exige également de déterminer réellement ce qu’il doit payer, pourquoi il doit payer et à qui il doit payer compte tenu du rendu de la Cour de Justice de Londres.

Thierry Mocktar





Assistant Edu Gabon