Libreville, 23 octobre 2026. Le Gabon peut-il produire davantage pour nourrir sa population et réduire sa facture d’importations alimentaires ? C’est l’un des enjeux au cœur des audiences accordées, ce vendredi, par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima, puis à une délégation d’investisseurs intéressés par les secteurs de l’agriculture et de l’élevage.
Derrière ces deux rencontres se dessine une même préoccupation : faire de la production locale un levier de diversification économique, de création d’emplois et de renforcement de la souveraineté alimentaire du pays.
La première audience avec Raymond Ndong Sima s’inscrit dans la volonté du chef de l’État de maintenir le dialogue avec les personnalités ayant exercé de hautes responsabilités publiques. Au-delà de la dimension institutionnelle, les échanges ont porté sur plusieurs défis structurels de l’économie gabonaise, notamment la sécurité alimentaire, la valorisation du potentiel agricole national et la réduction progressive de la dépendance aux produits importés.
Dans un pays où l’agriculture reste un secteur à fort potentiel, mais dont les capacités de production demeurent à développer, la question n’est plus seulement celle des ressources disponibles. Elle concerne également l’organisation des filières, l’accompagnement des producteurs et la capacité à attirer des compétences et des capitaux.
L’ancien Premier ministre a notamment insisté sur la nécessité d’impliquer davantage la jeunesse gabonaise dans les métiers de la terre et de l’élevage. Ces activités, souvent confrontées à un déficit d’attractivité auprès des jeunes, pourraient pourtant constituer des débouchés professionnels et des sources d’autonomisation économique.
La seconde audience a réuni le président de la République et des opérateurs économiques désireux d’investir dans la production agricole et les projets avicoles au Gabon. Les discussions ont particulièrement mis l’accent sur le développement de la filière du poulet de chair, un segment appelé à contribuer davantage à l’approvisionnement du marché intérieur.
L’enjeu est de renforcer les capacités nationales de production pour répondre à la demande locale et limiter le recours aux importations. Mais la concrétisation de cette ambition suppose des investissements, des infrastructures adaptées, une meilleure structuration des circuits de production et de distribution, ainsi qu’un accompagnement durable des acteurs de la filière.
L’intérêt manifesté par ces investisseurs ouvre ainsi des perspectives. Il reste toutefois à traduire ces intentions en projets opérationnels, capables de générer des volumes de production suffisants, des emplois et une véritable valeur ajoutée pour l’économie nationale.
Pour les autorités gabonaises, l’agriculture et l’élevage s’inscrivent désormais dans une équation économique plus large : diversifier les sources de richesse, stimuler l’investissement productif et renforcer l’autonomie alimentaire du pays.
La réussite de cette orientation dépendra néanmoins de la capacité à transformer les annonces en réalisations concrètes. Accès au financement, disponibilité des terres, maîtrise des coûts de production, formation des jeunes, équipements et débouchés commerciaux constituent autant de défis à relever pour installer durablement les filières agricoles et avicoles.
En recevant successivement un ancien chef du gouvernement et des investisseurs privés, Brice Clotaire Oligui Nguema met en avant deux leviers complémentaires : l’expérience des anciens responsables publics et la mobilisation des capitaux privés.





