À Libreville, le chef de l’État gabonais poursuit sa stratégie d’apaisement social. Le 23 janvier 2026, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu au Palais de la Rénovation les représentants syndicaux de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, dans un contexte marqué par des tensions et le dépôt de préavis de grève.

Étaient notamment présents les responsables du Collectif Intelligence, du Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo (SNEC-UOB) et du Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’Université des sciences et techniques de Masuku (SNEC-USTM). Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée par le chef de l’État de privilégier un dialogue permanent avec les partenaires sociaux, afin de préserver la paix sociale et la continuité du service public.

Dans un climat décrit comme franc, serein et transparent, les échanges ont porté sur les revendications des personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service (ATOS), ainsi que des enseignants-chercheurs. Conditions de travail, situation administrative, questions financières et arriérés de paiement figuraient au cœur des préoccupations exprimées par les syndicats.

À l’écoute, Brice Clotaire Oligui Nguema a reconnu la légitimité de ces attentes, tout en appelant à la responsabilité collective. Il a rappelé que l’enseignement supérieur et la recherche scientifique constituent des leviers stratégiques pour le développement du Gabon, tant sur le plan économique que sur celui de la souveraineté intellectuelle et de la formation des élites nationales.

Souhaitant éviter une paralysie durable des universités, le président a proposé une méthode concertée de sortie de crise. Celle-ci se traduira par la mise en place immédiate d’une Commission tripartite réunissant les organisations syndicales, le ministère de l’Enseignement supérieur et le ministère en charge du Budget. Cette instance aura pour mission d’examiner en profondeur les points de blocage et d’ouvrir un cadre structuré de discussions sur les dossiers administratifs et financiers en suspens.

Du côté syndical, l’initiative présidentielle a été saluée. Les représentants ont pris l’engagement de rendre compte à leurs bases respectives des conclusions de l’audience, laissant entrevoir une possible suspension, voire une levée formelle, des préavis de grève déposés ces dernières semaines.

Au-delà de la gestion immédiate de la crise, cette audience illustre la méthode de gouvernance que le chef de l’État entend imprimer : écouter, concerter et agir. En transformant les revendications sociales en opportunités de réforme, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche à inscrire son action dans la durée, en misant sur la stabilité sociale comme condition du développement.

La rencontre marque ainsi un tournant, faisant passer le secteur de l’enseignement supérieur d’une phase de tension à une dynamique de dialogue structuré. Reste désormais à traduire les engagements pris en avancées concrètes, attendues par l’ensemble de la communauté universitaire gabonaise.





Assistant Edu Gabon