Entre dialogue social, régularisation d’enseignants et émotion après la mort d’un élève à Libreville, les autorités gabonaises affichent leur volonté de stabiliser un secteur éducatif en tension. Mais les défis structurels restent considérables.
La mort tragique de Steeven Mombo, élève du Lycée national Léon Mba à Libreville, a profondément marqué l’opinion publique gabonaise. Lors d’une conférence de presse tenue le 16 mars, le conseiller spécial et porte-parole de la présidence, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, a présenté les condoléances des autorités et rappelé l’ampleur des défis auxquels fait face le système éducatif.
Pour l’exécutif, ce drame rappelle que «le chantier de l’école gabonaise est vaste», au-delà des revendications administratives ou corporatistes qui alimentent les tensions actuelles dans le secteur.
Le gouvernement met en avant plusieurs mesures prises dans le cadre des discussions avec les partenaires sociaux. Selon la présidence, les engagements pris pour février auraient été respectés à 100 %.
Parmi les avancées annoncées : 20 sortants d’écoles normales mis en solde ; 148 enseignants régularisés, dont 78 issus de l’ENS et 70 de l’ENSET ; 250 agents placés sous présalaire, notamment des enseignants bénévoles et des professeurs de sciences.
Ces décisions ont été prises, selon la présidence, sur instruction directe du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, dans le cadre du protocole d’accord conclu avec les syndicats.
Malgré ces avancées, la crise éducative met en lumière les failles persistantes du système gabonais : pénurie d’enseignants titulaires, précarité de certains personnels, infrastructures scolaires insuffisantes et tensions récurrentes avec les syndicats.
Pour les autorités, la sortie de crise passe par une approche progressive fondée sur le dialogue social et la réforme structurelle du secteur. L’exécutif appelle ainsi à « une culture du dialogue permanent » afin d’éviter une paralysie durable de l’école gabonaise.





