N’Djamena, 25 avril 2026 –Convergence Afrique.
Les présidents des partis politiques de l’opposition tchadienne ont publié aujourd’hui un communiqué conjoint pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’« atteinte grave à l’État de droit et à la démocratie » après la publication, par le Ministre de la Sécurité Publique et de l’Immigration, de l’Arrêt n°002/CS/CA/SC/2026 prononçant la nullité du regroupement GCAP.
Selon le communiqué, plusieurs dirigeants de partis membres du GCAP ont été arrêtés hier, 25 avril 2026, parmi lesquels Avocksouma Atchénemou Djona (Les Démocrates), Néatobi Bidi Valentin (PAP/JS), Nassour Koursami (Les Patriotes), Kéleou Mbombaye (ADPD), Badono Daigou (UET/Les Verts), Ahmat Bokary (CNSP), Max Kemkoye (UDP) et Mahamat Djara (UNC).
Les signataires du communiqué dénoncent plusieurs points :
Sur la forme : Ils estiment qu’il est inacceptable qu’un arrêt de justice soit annoncé par le Ministre de la Sécurité Publique plutôt que par la Cour Suprême elle-même, dénonçant une ingérence de l’exécutif dans le judiciaire.
Sur la notion de nullité : Ils jugent arbitraire la nullité d’un cadre de concertation de partis politiques légalement constitués, prononcée sans motifs, sans débat contradictoire et sans notification aux concernés, ce qui, selon eux, viole le droit à un procès équitable et la liberté d’association.
Sur les arrestations : Les responsables politiques ont été arrêtés sans mandat ni infraction caractérisée, ce qui constitue, selon le communiqué, une détention arbitraire et une intimidation politique.
Le communiqué rappelle que le GCAP est un cadre de concertation républicain et pacifique, né de la volonté libre de partis politiques enregistrés. Les partis de l’opposition exigent :
La publication intégrale de l’arrêt de la Cour Suprême avec tous ses motifs ;
Le respect de la procédure judiciaire, incluant notification aux parties et voies de recours ;
La libération immédiate de tous les dirigeants arrêtés ;
La cessation des ingérences de l’exécutif dans les affaires judiciaires et politiques.
Les partis de l’opposition appellent également leurs militants à rester calmes tout en restant vigilants et mobilisés de manière pacifique. Ils prennent à témoin le peuple tchadien, l’Union Africaine, la CEEAC et les partenaires internationaux sur cette situation qu’ils considèrent comme une menace pour l’État de droit.
Les signataires du communiqué sont : Abanga Brahim Barka (PRENAT), Ali Mallah (Les Sauveurs), Acheck Abdallah Saleh (AL-NAR), Ousmane Moumine (MANID-Tchad), et Facho Balam (parti non précisé).




