À Libreville, Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu le président de la Transition bissau-guinéenne, Horta Inta-A Na Man. Les deux dirigeants ont affiché leur volonté de renforcer les liens entre leurs pays et de favoriser un retour apaisé à l’ordre constitutionnel.

Libreville, 18 août 2026. Au lendemain des célébrations du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Gabon, Libreville a accueilli un hôte venu de Bissau. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu le général de division Horta Inta-A Na Man, président de la Transition de Guinée-Bissau, dans le cadre d’une visite de travail et d’amitié.

Accueilli avec les honneurs militaires à son arrivée, le dirigeant bissau-guinéen a assisté à un défilé pédestre et motorisé de la Garde républicaine. La remise symbolique de la flamme au président de la Transition a ensuite donné une dimension particulière à cette visite, présentée par Libreville comme un geste de solidarité entre deux pays engagés dans des processus de transition politique.
Libreville met en avant son expérience
Au cœur des échanges entre les deux délégations : l’avenir de la transition bissau-guinéenne. Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé la disponibilité du Gabon à accompagner Bissau dans la conduite de son processus, en mettant en avant l’expérience gabonaise depuis le changement de régime intervenu en août 2023.

Pour Libreville, cette expérience repose notamment sur la discipline institutionnelle, le respect d’un chronogramme et la préparation d’un retour à l’ordre constitutionnel par la voie électorale.
Le chef de l’État gabonais a ainsi encouragé son homologue à poursuivre le processus jusqu’à l’organisation d’élections « libres, transparentes et apaisées ». Un objectif qui, selon les autorités gabonaises, doit permettre à la Guinée-Bissau de consolider sa stabilité, de restaurer sa crédibilité internationale et de créer un environnement plus favorable au développement et aux investissements.

Le calendrier électoral en ligne de mire
La rencontre intervient alors que la Guinée-Bissau se trouve à une étape déterminante de sa transition. Selon les informations communiquées par la présidence gabonaise, le pays prévoit d’organiser dans les prochains mois un référendum constitutionnel, avant une élection présidentielle annoncée pour le 6 décembre 2026.
Pour Libreville, le respect de ce calendrier constituera un test majeur. Au-delà de la tenue des scrutins, l’enjeu sera de parvenir à une sortie de transition suffisamment consensuelle pour permettre un retour durable à un ordre constitutionnel civil.

De la politique à la coopération
La visite ne s’est toutefois pas limitée aux questions institutionnelles. Le général de division Horta N’tam a exprimé sa reconnaissance au président gabonais pour l’accueil réservé à sa délégation et pour l’invitation à participer aux festivités de l’indépendance du Gabon.
Le dirigeant bissau-guinéen a également insisté sur les liens historiques entre les deux peuples et sur la nécessité de donner un nouvel élan à la coopération bilatérale.
Plusieurs secteurs ont été évoqués, notamment la préservation de la biodiversité, la lutte contre le changement climatique et la formation professionnelle des jeunes. Deux pays aux importantes ressources naturelles, confrontés à des défis similaires en matière de développement, entendent ainsi élargir leur partenariat au-delà du seul registre politique.

À travers cette rencontre, le Gabon cherche également à affirmer une nouvelle posture diplomatique : celle d’un pays ayant connu une transition politique et souhaitant désormais partager son expérience avec d’autres États africains engagés dans des processus similaires.
Le message porté par Brice Clotaire Oligui Nguema se veut clair : accompagner sans se substituer, encourager le dialogue et surtout favoriser des sorties de transition débouchant sur des institutions légitimes.

La Guinée-Bissau constitue, à cet égard, un nouveau terrain pour cette diplomatie de proximité. Reste désormais à transformer les déclarations politiques en mécanismes concrets de coopération et à faire du calendrier électoral annoncé une véritable feuille de route vers le retour à la normalité constitutionnelle.
Pour Libreville comme pour Bissau, le compte à rebours est lancé.





Assistant Edu Gabon