Le Conseil supérieur de la magistrature, réuni le 16 septembre à Port-Gentil, a procédé à un important mouvement au sein de la magistrature gabonaise. Parmi les principales décisions : la nomination d’Alain-Georges Moukoko au poste de procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville.
La magistrature gabonaise change de visage. Réuni en session extraordinaire le 16 septembre 2026 au Palais présidentiel de Port-Gentil, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a entériné une série de nominations, affectations et mutations dans les principales juridictions du pays. Au cœur de ce mouvement, l’arrivée d’Alain-Georges Moukoko à la tête du parquet général de Libreville.
Magistrat hors hiérarchie, Alain-Georges Moukoko quitte ainsi la Cour d’appel judiciaire de Mouila, où il exerçait jusqu’ici les fonctions de Premier président, pour prendre la direction du parquet général de la capitale. Son parcours au sein de l’appareil judiciaire gabonais l’a conduit à exercer différentes responsabilités, notamment au sein des juridictions de l’intérieur du pays.
Un parcours au cœur de la magistrature
Figure connue de la magistrature gabonaise, Alain-Georges Moukoko s’est notamment illustré dans plusieurs dossiers judiciaires au cours de sa carrière. Il a également été associé à des initiatives liées à la justice environnementale et à la lutte contre certaines formes de criminalité transnationale, notamment le braconnage, l’exploitation forestière illégale et le trafic d’espèces protégées, selon des éléments biographiques rapportés par la presse gabonaise.
Son passage à Mouila aura également été marqué par l’exercice de responsabilités juridictionnelles au plus haut niveau de cette cour d’appel. Son expérience du fonctionnement des juridictions constitue désormais un élément de son nouveau profil à Libreville.
À Libreville, le magistrat prend les commandes d’un parquet au rôle central dans l’organisation judiciaire du pays. Le procureur général près la Cour d’appel exerce notamment des responsabilités de coordination de l’action du ministère public dans le ressort de la cour et veille à la mise en œuvre de l’action publique conformément aux textes en vigueur.
Il sera entouré de plusieurs magistrats au parquet général, notamment les avocats généraux Hortense Komba Bango épouse Ngossanga, Olivier Nzaou et Angélique Ndouna, ainsi que les substituts généraux Rodrigue Ondo Mfoumou et Andy Kinette Ntsame Mamadou.
Cette nouvelle équipe aura notamment la charge de contribuer au fonctionnement d’une juridiction particulièrement stratégique dans l’architecture judiciaire gabonaise.
Dans le sillage d’une vaste réorganisation
La nomination d’Alain-Georges Moukoko intervient dans le cadre d’un mouvement beaucoup plus large décidé par le CSM. La Cour de cassation, les cours d’appel, les tribunaux de première instance ainsi que plusieurs juridictions financières ont connu de nouvelles affectations.
Le contexte donne une portée particulière à cette recomposition. Lors de l’ouverture des travaux, le chef de l’État, président du CSM, a insisté sur la nécessité pour la justice de garantir un accès effectif au droit, un traitement diligent des procédures et une plus grande confiance dans l’institution judiciaire. Le communiqué final évoque également la modernisation des textes et l’encadrement de plusieurs pratiques judiciaires.
Alain-Georges Moukoko succède à Eddy Narcisse Minang. La nomination intervient après la procédure disciplinaire ayant conduit à la radiation de ce dernier du corps de la magistrature, décision prise lors de la session du CSM du 16 septembre. Des sources de presse indiquent toutefois que cette décision demeure susceptible de recours devant le Conseil d’État.
Avec cette succession, le parquet général de Libreville ouvre donc une nouvelle séquence. Pour Alain-Georges Moukoko, le changement d’échelle est important : après avoir dirigé la Cour d’appel judiciaire de Mouila, il prend désormais les rênes du ministère public près l’une des principales juridictions du pays.
Une responsabilité qui intervient alors que la justice gabonaise entend renforcer son efficacité, la célérité du traitement des procédures et la confiance des justiciables dans l’institution.




