À Libreville, la rentrée judiciaire 2026-2027 a été placée sous le signe de l’éthique, de l’indépendance et de la restauration de la confiance des citoyens. Une nouvelle étape dans la refondation de l’appareil judiciaire voulue par le pouvoir.
Libreville, 5 octobre 2026. La justice gabonaise veut tourner une page. Réunis lundi au Palais de Justice de Libreville à l’occasion de l’audience solennelle de rentrée des Cours et Tribunaux, les magistrats ont reçu un message sans ambiguïté : la modernisation de l’institution devra désormais s’accompagner d’une exigence accrue d’intégrité et de responsabilité.
Président de la République, Chef du Gouvernement et président du Conseil supérieur de la magistrature, Brice Clotaire Oligui Nguema a pris part à cette cérémonie qui marquait à la fois la clôture de l’année judiciaire 2025-2026 et l’ouverture de l’exercice 2026-2027.
Au cœur des débats, un impératif : restaurer la confiance des Gabonais dans leur justice.
Pour les autorités, la refondation de la justice ne peut se résumer à la construction de tribunaux ou à l’amélioration des conditions de travail. Elle doit également s’attaquer aux fondamentaux de la fonction judiciaire.
Éthique, déontologie, probité, impartialité, dignité, indépendance et respect de la loi ont ainsi dominé les interventions. Une manière de rappeler aux magistrats que leur autorité repose autant sur la force de la loi que sur leur exemplarité.
Dans cette nouvelle séquence institutionnelle, la justice est appelée à être rendue au nom du peuple gabonais, sans favoritisme ni intervention dictée par les intérêts particuliers.
Le véritable test sera donc celui du quotidien : des décisions équitables, des procédures conduites dans des délais raisonnables et une justice accessible à tous, indépendamment du rang social, des relations ou de l’influence.
Trois figures aux commandes
La cérémonie a également servi de cadre à l’installation de trois hauts magistrats récemment nommés à l’issue du Conseil supérieur de la magistrature réuni à Port-Gentil.
André Wora Alonda prend la tête de la Cour de cassation en qualité de Premier président. Jean-Gaspard Mintsa Ondo devient Commissaire général à la Loi près le Conseil d’État, tandis que Pamphile Moussavou Ibouanga est installé comme Premier président de la Cour des comptes.
Tous trois ont placé leur mandat sous le signe de l’exemplarité, de la responsabilité et du respect des règles éthiques et déontologiques.
Des engagements qui devront désormais se traduire dans les faits. Car derrière la réorganisation institutionnelle, c’est la capacité de la justice à produire des décisions crédibles et acceptées par les citoyens qui sera scrutée.
Le gouvernement met également en avant les investissements réalisés dans le secteur. L’ouverture du Tribunal d’Akanda et la livraison du complexe judiciaire du Tribunal de Libreville constituent les principales avancées citées lors de cette rentrée.
Ce dernier regroupe désormais les juridictions du premier degré de Libreville sur un même site. Une évolution qui doit permettre de rationaliser le fonctionnement des juridictions et d’améliorer les conditions d’accueil et de travail.
Mais le défi reste entier : transformer la modernisation des infrastructures en une amélioration tangible du service rendu aux justiciables.
La confiance, ultime juge de paix
C’est probablement là que se jouera la réussite de cette refondation. Pour les citoyens, la réforme de la justice ne prendra véritablement son sens que lorsqu’elle se traduira par une institution plus rapide, plus accessible et surtout plus équitable.
En participant personnellement à cette rentrée judiciaire, Oligui Nguema a rappelé que la justice occupe une place centrale dans le projet institutionnel de la Ve République.

Moderniser les tribunaux est une chose. Restaurer leur autorité morale en est une autre.
Pour la justice gabonaise, l’année 2026-2027 commence donc avec une feuille de route exigeante : rénover les structures, mais surtout réhabiliter la confiance.





