Libreville, 21 octobre 2026 — Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa politique de régularisation foncière. Seize mille titres fonciers, dont le traitement vient d’être finalisé, ont été présentés au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Une avancée qui porte le nombre total de titres fonciers dans le pays de 33 000 à près de 50 000, avec l’ambition de faciliter l’accès à la propriété et de sécuriser les droits des propriétaires.
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Le chantier de la réforme foncière prend progressivement forme. Six mois après les instructions du chef de l’État visant à accélérer la régularisation des terrains, le ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre met en avant les résultats obtenus. Son titulaire, Mays Mouissi, a conduit la délégation reçue par le président de la République pour lui présenter ces nouveaux titres.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est considérable pour les ménages gabonais. Dans un pays où l’accès à un titre foncier peut constituer un parcours administratif et financier complexe, la sécurisation de la propriété demeure une préoccupation majeure. Disposer d’un document officiel permet notamment de faire reconnaître ses droits sur une parcelle, de réduire les risques de contestation et de préparer la transmission d’un patrimoine aux générations suivantes.
L’autre levier de cette réforme concerne le coût d’acquisition du titre foncier. Selon les modalités présentées par le ministre, une tarification sociale de 600 000 francs CFA est prévue pour les parcelles d’une superficie maximale de 2 000 mètres carrés. Cette mesure contraste avec les coûts antérieurs, qui pouvaient atteindre quatre à six millions de francs CFA.
La réduction annoncée vise à lever l’un des principaux obstacles à la formalisation de la propriété : le poids des dépenses administratives pour les familles. Reste à mesurer, dans la pratique, les effets de cette tarification sur les délais de traitement, le nombre de demandes et la capacité des ménages à accéder effectivement à un titre sécurisé.
Plusieurs localités figurent parmi les zones concernées par cette opération, notamment Malinga, Ndendé, Mouyabi, Ovan et Bitam. La démarche entend ainsi dépasser le seul cadre de Libreville pour toucher progressivement d’autres parties du territoire national.
La mobilisation se poursuit au sein de la Conservation foncière, de la Société nationale immobilière (SNI) et des services compétents. Plusieurs milliers de dossiers supplémentaires seraient encore en cours de traitement, signe que le travail de régularisation reste important malgré les résultats annoncés.
La cérémonie officielle de lancement de la distribution des titres est prévue ce jeudi, sous le haut patronage du président de la République. Elle devra marquer le passage d’une étape administrative la finalisation des dossiers à une phase déterminante pour les bénéficiaires : la remise effective des documents.
Pour les autorités, l’objectif est désormais de maintenir le rythme et d’élargir le nombre de propriétaires disposant de titres légalement établis. La réussite de cette réforme se mesurera toutefois autant au volume de documents délivrés qu’à leur accessibilité réelle, à la transparence des procédures et à la capacité des services fonciers à répondre durablement aux attentes des populations.
Au Gabon, la sécurisation du foncier apparaît ainsi comme un enjeu à la fois économique, social et patrimonial. Pour les familles concernées, l’obtention d’un titre foncier ne représente pas seulement une formalité administrative : elle constitue une garantie supplémentaire pour construire, investir et transmettre.





