Seul chef d’État africain à prendre la parole devant les grands décideurs économiques réunis à Shanghai, le président gabonais a défendu une ambition claire : faire du Gabon une puissance de transformation, capable d’attirer les capitaux et de valoriser ses ressources sur son propre sol.

Shanghai, 5 novembre 2026. Le Gabon veut changer de dimension économique et entend le faire savoir aux investisseurs internationaux. À la tribune de la 9e Exposition internationale d’importation de Chine (CIIE), Brice Clotaire Oligui Nguema a porté un message sans ambiguïté : le pays ne veut plus se limiter à exporter ses matières premières. Il ambitionne désormais de les transformer localement et de faire de cette mutation le moteur de sa croissance.

Seul chef d’État africain invité à s’exprimer lors de cette cérémonie d’ouverture, le président gabonais a bénéficié d’une tribune de premier plan devant un parterre de dirigeants, d’investisseurs et de responsables économiques venus des quatre coins du monde. Une visibilité diplomatique que Libreville entend convertir en opportunités d’affaires.

Au centre de son intervention, une conviction : le Gabon doit devenir « une terre de transformation ». Derrière cette formule, une stratégie qui vise à attirer les investissements productifs, développer le tissu industriel et créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.

Quatre leviers pour séduire les investisseurs
Pour convaincre les opérateurs économiques, le chef de l’État a mis en avant plusieurs atouts du pays.
Premier argument : la Zone économique spéciale de Nkok, devenue l’une des vitrines de l’industrialisation gabonaise. L’expérience de cette plateforme, notamment dans la transformation du bois, illustre la volonté de passer progressivement de l’exportation des ressources brutes à leur valorisation locale.

Deuxième levier : le nouveau Code des investissements, présenté comme un instrument destiné à renforcer la sécurité juridique, améliorer la lisibilité de l’environnement des affaires et rassurer les investisseurs.

Troisième argument : la simplification des procédures administratives, avec l’objectif affiché de permettre la création d’une entreprise en 48 heures. Une promesse qui répond à l’une des principales préoccupations des opérateurs économiques : la rapidité et la prévisibilité des démarches.
Enfin, le Gabon entend capitaliser sur sa position géographique. Au-delà de son marché intérieur, le pays se présente comme une porte d’accès à un bassin régional d’environ 200 millions de consommateurs en Afrique centrale.

Le pavillon gabonais, symbole d’une nouvelle offensive économique
Autre temps fort de cette séquence chinoise : la visite du premier pavillon national du Gabon à la CIIE. Une présence qui dépasse le simple cadre protocolaire. Elle traduit la volonté de Libreville de renforcer la visibilité de son potentiel économique auprès des partenaires chinois et internationaux, tout en donnant davantage de consistance à sa diplomatie commerciale.
Cette démarche s’inscrit dans une dynamique de rapprochement avec Pékin, partenaire économique majeur du continent africain. Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de diversifier ses partenariats, d’attirer des capitaux dans les secteurs productifs et de réduire progressivement sa dépendance aux exportations de matières premières.

De Shanghai aux chantiers industriels, le défi de la concrétisation
La séquence de Shanghai marque une nouvelle étape dans la stratégie de positionnement économique du Gabon. Mais au-delà de la visibilité internationale et des annonces, l’essentiel reste à construire.

Les investisseurs attendent des garanties, un environnement des affaires stable et des projets économiquement viables. Les populations, elles, attendent des retombées tangibles : des usines, des emplois, des transferts de compétences et une meilleure valorisation des ressources nationales.

Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, le rendez-vous chinois constitue donc bien plus qu’une vitrine diplomatique. Il s’agit de convaincre que le Gabon peut passer du statut de pays exportateur de ressources à celui d’une économie qui transforme, produit et crée de la richesse.
À Shanghai, le Gabon a vendu une ambition. Il lui reste désormais à la transformer en réalité industrielle.





Assistant Edu Gabon