Convergence Afrique – Libreville, 17 juin 2025

Le décor est posé : dans une ville de Libreville en effervescence institutionnelle, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a officiellement lancé les travaux de la toute première session de la Commission Nationale de la Décentralisation (CND). Une séquence politique hautement symbolique, qui pourrait bien marquer un tournant dans la gouvernance du Gabon.

Cette initiative, annoncée lors du Conseil des ministres du 4 juin dernier, s’inscrit dans le sixième pilier du projet de société présidentiel. À travers cette dynamique, le Chef de l’État affiche clairement son ambition : transférer des compétences et des ressources réelles aux collectivités locales. Un changement de paradigme qui vise à responsabiliser les autorités territoriales, mieux encadrer les citoyens et rapprocher l’État du terrain.

Un cap politique assumé

Présidant lui-même cette Commission stratégique, Oligui Nguema n’a pas mâché ses mots : « J’attends, au terme de ces travaux, que nous puissions adopter des mesures pertinentes qui déboucheront sur le transfert des compétences et des moyens de l’État dans sa première phase. » L’objectif est limpide : sortir la décentralisation des tiroirs pour en faire une réalité tangible dans le quotidien des Gabonais.

Le Président n’en est pas à son coup d’essai. Depuis sa prise de fonction, il multiplie les signaux en faveur d’un État plus moderne, plus proche, plus réactif. La mise en route effective de la CND – créée par la loi organique de 2015 mais restée longtemps dormante – s’inscrit dans cette volonté de rupture.

Une feuille de route claire

Fruit de plusieurs mois de travail en amont, cette session inaugurale a permis d’examiner et de valider le Plan National de Transfert des Compétences, véritable boussole opérationnelle du processus. Élaboré par le Comité Technique, ce document identifie les domaines prioritaires, les mécanismes juridiques et les modalités budgétaires pour un transfert progressif mais effectif des prérogatives de l’État central.

En présence des membres du gouvernement, des représentants des collectivités locales et des partenaires techniques et financiers, les débats ont été à la fois techniques et stratégiques. Une convergence d’acteurs qui souligne l’importance accordée à cette réforme de fond.

Une décentralisation version Oligui

Le ton est donné : la décentralisation gabonaise version Oligui Nguema veut s’inscrire dans l’efficacité, loin des discours sans lendemain. Pour le Président, il ne s’agit plus de théoriser, mais d’agir. En confiant aux élus locaux des leviers concrets, le gouvernement espère aussi stimuler une participation citoyenne accrue, moteur indispensable d’un développement territorial équilibré.

Reste à transformer l’essai. Car si les intentions sont claires et la volonté affichée, le succès de cette politique dépendra de la constance dans l’action, de la mobilisation des moyens, et surtout, de la capacité à créer un État décentralisé sans fragiliser l’unité nationale.

Une équation complexe, mais peut-être la plus grande promesse de renouveau démocratique du Gabon post-transition.





Assistant Edu Gabon