Libreville, 15 juillet 2025 –Convergence Afrique.
Une nouvelle page de l’histoire judiciaire gabonaise s’est ouverte ce mardi avec l’inauguration solennelle de la première session criminelle de la Cour d’appel judiciaire de Libreville. La cérémonie s’est tenue en présence du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Dr Séraphin Akuré-Davain, qui a salué une étape majeure dans le renforcement de l’État de droit au Gabon.
Durant cette session, qui s’étendra sur plusieurs semaines, la Cour examinera 100 affaires impliquant 148 personnes, parmi lesquelles six femmes et dix ressortissants étrangers. Les chefs d’accusation sont particulièrement graves : homicides, meurtres, agressions mortelles, viols et vols à main armée. Ces dossiers témoignent de la complexité et de la gravité des crimes auxquels le système judiciaire gabonais est confronté.
Une juridiction non permanente mais essentielle
La Cour criminelle, juridiction non permanente rattachée à la Cour d’appel judiciaire, est compétente pour juger les crimes les plus graves, tels que définis à l’article 209 alinéa 1 du Code de procédure pénale. Sa mise en activité marque une volonté claire des autorités judiciaires de traiter les affaires criminelles avec rigueur et équité.
Une composition mixte : juristes et citoyens
Fait notable, la Cour criminelle est composée de façon hétérogène, réunissant des magistrats professionnels et des citoyens, conformément à l’article 211 du Code de procédure pénale. Cette mixité vise à rapprocher la justice du peuple, en donnant aux citoyens un rôle actif dans le processus judiciaire, tout en garantissant l’expertise juridique nécessaire au traitement des affaires.
Une étape vers une justice plus efficace
Cette première session intervient dans un contexte de réforme judiciaire plus large, destiné à désengorger les tribunaux et à garantir un traitement plus rapide des dossiers criminels. Pour les autorités, c’est également une manière de réaffirmer la lutte contre l’impunité et de restaurer la confiance des citoyens dans le système judiciaire.
La tenue de cette session à Libreville pourrait ainsi devenir un modèle pour d’autres juridictions du pays, alors que le Gabon poursuit ses efforts pour moderniser et humaniser sa justice.
Par Emmanuel Manassé




