Les tensions ne faiblissent pas entre Paris et Bamako. En riposte à l’expulsion jugée « arbitraire » de deux diplomates maliens en poste à Paris, les autorités de transition maliennes ont annoncé, ce 20 septembre, l’expulsion de cinq membres du personnel de l’ambassade de France à Bamako. Une mesure de réciprocité assumée, qui confirme la rupture désormais presque consommée entre les deux capitales.
Dans un communiqué ferme, le ministère malien des Affaires étrangères a déclaré persona non grata cinq diplomates français : Anthony Claude Peres, Benoît Hervé Payet, Richard Maxim Koslaga, Annie Fontaine épouse Wang Chin Ping, et Honoré Randrianantenaina. Tous ont été sommés de quitter le territoire « sans délai », conformément aux usages diplomatiques.
Une escalade assumée
Le ton est donné : le Mali ne cèdera plus face à ce qu’il considère comme des actes de provocation de l’ancienne puissance coloniale. Ce nouvel épisode s’inscrit dans un contexte déjà extrêmement tendu entre les deux pays depuis l’arrivée au pouvoir des militaires en août 2020, et plus encore depuis la rupture militaire actée avec la fin de l’opération Barkhane et le rapprochement de Bamako avec Moscou.
Les diplomates maliens visés à Paris Batné Ould Bouh Coulibaly et Ousmane Camara auraient été expulsés pour des motifs non officiellement précisés, mais selon une source diplomatique malienne, il s’agirait d’« allégations non fondées d’activités incompatibles avec leur statut ». Une formulation qui, dans le langage feutré de la diplomatie, renvoie souvent à des soupçons d’espionnage ou d’ingérence.
« Œil pour œil, mot pour mot »
À Bamako, cette décision a été perçue comme une humiliation. Et la réplique ne s’est pas fait attendre. Le général Abdoulaye Maïga, l’un des visages les plus emblématiques de la transition et actuel ministre d’État, avait pourtant prévenu depuis la tribune des Nations unies en septembre 2024 :
« Pour chaque mot employé de travers, nous réagirons par réciprocité ; pour chaque balle tirée contre nous, nous réagirons par réciprocité… »
Une doctrine de réplique systématique, désormais mise en œuvre à la lettre, et qui marque une nouvelle étape dans l’affirmation souverainiste du Mali face aux puissances occidentales.
Rupture consommée ?
Depuis la fin de la coopération militaire avec la France, la fermeture de plusieurs médias français (notamment RFI et France 24), et l’instauration de nouvelles alliances régionales avec le Burkina Faso et le Niger sous la bannière de l’AES (Alliance des États du Sahel), le Mali affirme son indépendance diplomatique avec fermeté. Mais à quel prix ?
Si Bamako semble avoir consolidé sa posture sur la scène africaine, notamment auprès de certains régimes militaires ou souverainistes, son isolement vis-à-vis de l’Union européenne et des bailleurs traditionnels pourrait à terme peser lourd sur une économie déjà fragile.
Côté français, cette expulsion pourrait bien marquer un point de non-retour dans une relation historiquement complexe, entre proximité culturelle et ressentiment postcolonial.
Un bras de fer qui dépasse le Mali
Cette crise s’inscrit dans une recomposition géopolitique plus large au Sahel, où plusieurs pays tournent ostensiblement le dos aux anciennes puissances coloniales pour tisser de nouveaux partenariats, notamment avec la Russie, la Chine, ou encore la Turquie.
Dans cette reconfiguration du jeu diplomatique africain, le Mali semble bien décidé à tracer sa propre voie quitte à s’aliéner ses anciens alliés. Mais à mesure que la tension monte, la marge de manœuvre se réduit, et l’équilibre reste précaire.
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