La sortie médiatique de Dieudonné Ndoumbou, depuis la Chine, aura au moins eu le mérite de relancer le débat autour de la gouvernance du football gabonais. Mais derrière la virulence de ses propos contre Pierre Alain Mounguengui et le processus électoral du 18 avril, une question essentielle s’impose. Avec quelle légitimité celui qui fut au cœur du système peut-il aujourd’hui se poser en procureur ?
Car si Ndoumbou se présente désormais en défenseur de l’éthique et de la transparence, son propre passage à la tête du comité de normalisation de la Fégafoot reste entouré de nombreuses zones d’ombre. L’homme qui dénonce aujourd’hui une gestion orientée vers « l’argent du football » semble oublier qu’il a lui-même bénéficié des largesses du système qu’il critique. L’épisode des conteneurs de matériel sportif en provenance de Chine, réceptionnés au Port de Libreville avant de rallier Port Gentil au nom de la fédération avant d’être attribués à des intérêts privés, reste encore dans toutes les mémoires. Plus de 20 pieds ce conteneur de marchandises, dédouanées avec la complaisance de l’indulgence du nouveau président en 2014, interroge encore.
Cette réalité contraste fortement avec le discours actuel de celui qui se veut aujourd’hui chantre de la bonne gouvernance. Peut-on sérieusement dénoncer des pratiques que l’on a soi-même incarnées, voire cautionnées ?
Au-delà de cet épisode, son passage au comité exécutif de la Fégafoot n’a pas non plus été exempt de critiques. Là encore, la fédération avait choisi, à l’époque, de ne pas exposer publiquement certaines dérives, préférant préserver l’image de ses membres. Une discrétion aujourd’hui balayée par celui-là même qui en avait bénéficié.
Dès lors, les attaques contre l’actuelle équipe dirigeante prennent une toute autre dimension. Elles apparaissent moins comme une volonté sincère de réformer le football gabonais que comme l’expression d’un ressentiment personnel. Un positionnement qui alimente l’image d’un homme davantage préoccupé par ses propres intérêts que par l’intérêt général du sport.
En qualifiant le processus électoral de « parodie » et en dénonçant un prétendu verrouillage, Ndoumbou tente de se repositionner dans un paysage qu’il connaît parfaitement. Mais cette posture peine à convaincre, tant elle contraste avec son propre parcours, marqué par des privilèges et des silences opportunément gardés.
Le football gabonais mérite mieux que des règlements de comptes à distance. Il a besoin de cohérence, de responsabilité et surtout de crédibilité. Des valeurs qui ne peuvent être défendues efficacement que par des acteurs dont le parcours est en adéquation avec le discours.
À vouloir se poser en juge après avoir été acteur, Dieudonné Ndoumbou prend le risque de révéler, malgré lui, ce que beaucoup dénoncent déjà : une posture d’égo, loin des intérêts collectifs, et une indignation à géométrie variable.
Par/Mbina L
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