À Libreville, le ton est donné. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema veut aller vite et bien. Ce 25 mars, en recevant Mahamadou Bonkoungou, patron du groupe EBOMAF, le chef de l’État a clairement affiché sa volonté d’imprimer une accélération décisive aux chantiers routiers en cours, notamment dans la Ngounié et l’Ogooué-Maritime.

Des axes stratégiques pour désenclaver
Au cœur des échanges : plusieurs tronçons jugés prioritaires. Les axes Lebamba–Mbigou (84 km), Mbigou–Malinga–Molo (124 km), Yombi–Carrefour Rabi (125 km) et Rabi–Omboué (119 km) constituent l’ossature de cette offensive infrastructurelle.

L’enjeu dépasse la simple construction de routes. Il s’agit de désenclaver des zones entières, souvent isolées, et de reconnecter les bassins de production aux centres urbains. À terme, ces infrastructures doivent fluidifier les échanges, réduire les coûts logistiques et stimuler l’activité économique locale.

Face aux avancées jugées encourageantes, le président gabonais a néanmoins haussé le ton. Accélération des travaux, respect strict des délais contractuels, qualité irréprochable des ouvrages : le message est sans ambiguïté.

Pour éviter les dérives souvent observées dans les grands projets publics africains, un dispositif renforcé de suivi et de contrôle sera mis en place. Missions techniques dédiées, présence accrue sur le terrain, supervision rigoureuse : Libreville veut désormais conjuguer vitesse et discipline.

Ce volontarisme s’inscrit dans une stratégie plus large. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, le réseau routier est un levier central de transformation structurelle. Derrière le bitume, c’est toute une vision du développement qui se dessine : intégration territoriale, cohésion sociale et montée en puissance des économies locales.

Dans un pays où certaines régions restent difficilement accessibles, l’amélioration des routes peut changer la donne accès aux services essentiels, mobilité des populations, attractivité pour les investisseurs.

La carte de la coopération Sud-Sud avec le géant du BTP en Afrique

Autre élément clé : le rôle d’acteurs africains comme EBOMAF. En s’appuyant sur des entreprises du continent, le Gabon renforce une dynamique de coopération Sud-Sud, présentée comme un vecteur d’indépendance et de développement durable.

Une orientation stratégique qui traduit une volonté de s’émanciper des schémas classiques, tout en capitalisant sur des expertises africaines désormais bien établies dans les grands travaux.

L'évolution des travaux sur l'axe Lebamba-Mbigou et yombi mandji

L’évolution des travaux sur l’axe Lebamba-Mbigou et yombi mandji @ communication EBOMAF Gabon.

Entre ambition et défi d’exécution
Reste un défi majeur : transformer les annonces en réalisations concrètes. Car si l’ambition est claire, la crédibilité de l’action publique se jouera sur le terrain, au rythme des bulldozers et des kilomètres effectivement livrés.

Dans cette course contre la montre, le gouvernement gabonais joue gros. Mais pour les populations concernées, une chose est sûre : ces routes pourraient bien changer durablement le quotidien.

MABIMBA Joseph keurtys 



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