Le 18 avril prochain, à Mouila, se tiendra l’élection présidentielle de la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT), les alarmes, les mouvements d’humeur, les appels à l’insurrection et au boycott ne cessent de se multiplier. On assiste, depuis quelques jours, à une médiatisation à profusion de messages et d’informations annonçant une élection catastrophiste, ainsi qu’à des sophismes de tout genre sur l’avènement d’une énième victoire de Pierre Alain Mounguengui, candidat à sa propre succession.
Le vent d’insurrection, de diabolisation qui présage une volonté manifeste de voir Pierre Alain Mounguengui hors de la présidence de cette institution nationale et semer la confusion autour du processus électoral en cours, saisie dans ses convulsions les plus visibles, appelle moins une réaction émotionnelle qu’un effort de pédagogie. La séquence en cours autour de la Fédération Gabonaise de Football s’inscrit précisément dans cette dynamique : celle d’un système confronté à ses propres contradictions, entre normativité juridique structurelle et agitation conjoncturelle, l’heure de la confusion est de retour dans le processus électoral.
Le fait générateur est connu : des candidatures déclarées irrecevables au regard des textes en vigueur. Ce qui, dans un État de droit, devrait relever de l’évidence procédurale se transforme, par un glissement rhétorique préoccupant, en une controverse politique aux accents parfois insurrectionnels et diffamatoires . Les recalés d’hier deviennent les contempteurs d’aujourd’hui, allant jusqu’à nier l’utilité même de l’institution qu’ils ambitionnaient de diriger. ( On attend plus que le Football ne sert à rien au Gabon, on doit suspendre la FEGAFOOT) .
Une telle posture paradoxale appelle une double lecture, à la fois sociologique et épistémologique. D’une part, elle illustre ce que Raymond Boudon désigne comme les « effets pervers » : des comportements rationnels à l’échelle individuelle, mais profondément déstructurants à l’échelle collective. D’autre part, elle confirme l’intuition de Nassim Nicholas Taleb selon laquelle « nous sommes bien meilleurs pour inventer des explications que pour comprendre ce qui se passe réellement ». L’imaginaire polémique supplante ici l’intelligence des faits.
Mais il faut aller plus loin : ce jeu de dupes n’est, en réalité, qu’une mécanique bâtie pour manipuler les perceptions et entretenir une dramaturgie artificielle. Il est manifestement contre-productif, tant il s’apparente à une fabrique d’illusions perdues( Honoré de Balzac) , où l’agitation tient lieu de stratégie et le bruit remplace la pensée.
À cela s’ajoute une dérive prospective tout aussi problématique : celle d’une futurologie de circonstance, érigée en vérité. Or, la futurologie demeure une science incertaine jusqu’à ce jour, non codifiée dans les règles de l’art, et dont les prédictions, souvent hasardeuses, relèvent davantage de la spéculation que de l’analyse rigoureuse. Prétendre annoncer le chaos ou l’illégitimité d’un scrutin avant même sa tenue participe de cette confusion et peut-être que certains en sont devenus Madame Soleil.
Les journalistes sont-ils devenus des thuriféraires ?
Cette dérive n’épargne pas certains segments de la presse. Les journalistes et les médias, qui incarnent en principe l’expression du pluralisme, de la vérité et de crédibilité gagneraient à se ressaisir, sauf à se muer en thuriféraires ou en acteurs d’un véritable mercenariat médiatique. Une telle posture conduit inévitablement à sacrifier ce qu’Albert Camus considérait comme « le plus beau métier du monde ».
Parler de « hold-up électoral », multiplier les titres de diabolisation autour du processus en cours, relèvent moins de l’investigation que d’une construction discursive orientée. Cela témoigne d’une volonté manifeste, notamment dans certaines sphères de la presse en ligne, souvent détenue, il faut le dire, par des acteurs dépourvus de formation journalistique structurée ou d’acteurs politiques, d’influencer l’opinion au mépris des règles élémentaires du métier.
Or, la presse n’est pas un instrument de déflagration sociale. Elle est, ou devrait être, un vecteur de reliance, un espace de médiation entre les faits et le public. Ignorer les sacro-saints principes fondamentaux du journalisme, vérification contextualisation, responsabilité dans le traitement de l’information ( le journaliste est le garant de la cohésion) , revient à fragiliser le tissu même de la cohésion sociale. Le journaliste doit se méfier du commentaire pour se concentrer davantage dans les faits. Choses vues, senties, entendues et vécues dans des situations de reportages, d’investigations et d’enquêtes rigoureuses. Plutôt que de simples textes fantaisistes relevant des conférences de presse et des déclarations tapageuses de certains concurrents dans le processus électoral, souvent dans une volonté de flatter et servir de base du clientélisme politicien.
La loi est dure mais c’est la loi.
À cette inflation des discours s’ajoute une tentation plus grave encore : celle de la remise en cause de l’ordre normatif. Les appels à la suspension de la Fédération Gabonaise de Football par le gouvernement traduisent une méconnaissance, ou une ignorance feinte, des principes qui régissent l’écosystème du football mondial. La FIFA et la CAF ne sont pas de simples observateurs : elles constituent un ordre juridique transnational, doté de mécanismes de sanction précis.
Toute ingérence étatique non conforme expose à des conséquences immédiates : suspension des équipes nationales et des clubs, exclusion des compétitions internationales, gel des financements et des programmes de développement. Une telle perspective ne relève pas de l’hypothèse, mais du précédent. Elle engage non seulement la crédibilité du Gabon, mais aussi les intérêts matériels et symboliques de sa jeunesse sportive.
Dans ce contexte, la validation de la seule liste conforme ne saurait être assimilée à à une restriction démocratique ou bien à l’absence des conditions émulatives d’une bonne pratique électorale, mais comme l’expression rigoureuse du principe de légalité. ( L’émulation électorale ne veut pas dire que les candidatures fantaisistes doivent être validées en violation de la réglementation en vigueur ).
Le processus électoral en cours obéit donc au respect strict des procédures et règles en la matière. Ni les turbulences médiatiques et ni moins les procès d’intention ne sauraient l’altérer.
De véritables adeptes légalistes et du respect des règles et procédures établies par le collège électoral ne peuvent donc raisonnablement souhaiter l’enlisement ou la rupture de ce processus pour des motifs émotionnels et égoïstes subsidiaires .
Entre la norme et la clameur, c’est toujours, in fine, la réglementation en vigueur qui triomphera, non par contrainte, mais par son caractère intransigeant édificateur de la crédibilisation et de la confiance dans le processus électoral en cours.
Le 18 Avril prochain à Mouila, il n’y aura donc ni apocalypse ni tempête mais une élection codifiée par la réglementation et lois en vigueur. Arrêtons le feu et soyons unis dans l’élan de rassemblement , de solidarité nationale et d’inclusivité qui caractérise de véritables instruments catalyseurs de la politique du Président de la République Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema. Ainsi le football ne s’éloigne pas de ces directives humaines de cohésion et de paix durable.
PAR ROY ATIRET BIYE, Journaliste et Éditorialiste, Certifié IDEA International en Analyse politique et électorale ,
En spécialisation en Francophonie, Stratégie et Relations Internationales ( IRIC).
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