Abidjan –Convergence Afrique.
Dans une Afrique en quête de nouveaux repères intellectuels et institutionnels, la question de l’éducation dépasse désormais le simple cadre académique. Elle devient un instrument de souveraineté, un levier de mémoire collective et un outil de projection stratégique. C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’intervention de Marie-Madeleine Mborantsuo à Abidjan, où s’impose une vision assumée : celle d’une Afrique qui forme elle-même ses élites et construit ses propres récits.
Au cœur de cette réflexion, l’Université Internationale de Libreville-Berthe et Jean apparaît comme une illustration concrète de cette ambition. Plus qu’un établissement d’enseignement supérieur, elle se présente comme un espace de production intellectuelle et de transformation sociale, pensé pour accompagner l’émergence d’une nouvelle génération de bâtisseurs africains.
Dans le discours porté autour de cette initiative, l’éducation n’est plus perçue comme un simple service public, mais comme un acte politique majeur. Former, ici, revient à structurer une mémoire, transmettre une vision du monde et renforcer la capacité des sociétés africaines à définir leurs propres trajectoires.
Cette approche s’inscrit dans une lecture plus large des défis contemporains du continent : dépendance cognitive, fragmentation des savoirs, et besoin de revalorisation des récits endogènes. L’université devient alors un outil de reconquête intellectuelle.
Pensée comme un espace hybride entre savoir académique, innovation sociale et engagement citoyen, l’Université Internationale de Libreville-Berthe et Jean ambitionne de dépasser les modèles classiques. Elle se veut un laboratoire d’idées où se forment non seulement des diplômés, mais des acteurs du changement.
Dans cette logique, les disciplines enseignées, les partenariats développés et les orientations pédagogiques traduisent une volonté claire : inscrire la formation dans les réalités africaines tout en l’ouvrant aux standards internationaux.
Au-delà de la formation, c’est la notion de mémoire qui structure le projet. Une mémoire africaine assumée, valorisée et intégrée dans les parcours éducatifs. L’objectif est de reconnecter les générations futures à leurs racines tout en leur donnant les outils pour évoluer dans un monde globalisé.
Cette articulation entre passé et avenir confère à l’initiative une dimension politique forte : celle d’une Afrique qui ne subit plus son histoire, mais qui la transforme en moteur de développement.
Si le projet suscite l’intérêt, il s’inscrit aussi dans un débat plus large sur la gouvernance de l’enseignement supérieur en Afrique, son financement et sa capacité à répondre aux attentes des jeunes générations. Mais pour ses promoteurs, l’enjeu est clair : bâtir des institutions capables de durer et d’influencer durablement les trajectoires nationales et régionales.
Dans un continent en pleine recomposition, cette vision éducative portée depuis Abidjan résonne comme une déclaration d’intention : celle d’une Afrique qui veut penser, former et se projeter par elle-même.
Joseph Mabimba
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